Jeunes Agriculteurs : Tutorat et PPP: outils complémentaires pour une installation à la carte

Marie-Laure Laucournet

L'assemblée générale des Jeunes agriculteurs a permis de faire le point sur une année complète de fonctionnement du nouveau parcours à l'installation.

Plus d'un an après sa mise en application, l'heure est au bilan pour le plan de professionnalisation personnalisé (PPP). Avec 58 installations, contre 87 l'an passé, les chiffres en berne dans la Vienne reflètent la conjoncture morose de l'année écoulée.
La majorité (55 %) de ces installations bénéficient d'aides. Le point info installation, lieu de renseignement de tout futur installé, n'y est pas indifférent. Les jeunes peuvent ainsi savoir les aides auxquelles ils peuvent prétendre. François Bénéteau, président des JA, espère « emmener le plus de gens possible vers le parcours aidé ».
Dans un contexte où de plus en plus d'installations se font hors cadre familial (34 sur 58 en 2010), le PPP dévoile l'une de ses faiblesses. Le parcours, certes personnalisé, ne répond pas encore à tous les besoins de formation des candidats à l'installation. Un outil existe pour y pourvoir : le tutorat. Sa mise en place, bien que prévue initialement dans le PPP, ne dispose pas encore de cadre légal. C'est pourquoi son application concrète se fait attendre. Les JA entendent faire du tutorat l'un de leur grand chantier de cette année.

Transmettre un savoir

Dans la Vienne, le tutorat est, pour l'instant, expérimenté au cas par cas. Il s'agit avant tout cette année de constituer un fichier de tuteurs motivés et de lister les compétences qu'ils pourront partager (gestion d'une exploitation, prise de décision, mise en place d'un nouvel atelier, fonctionnement juridique et social d'une société…). Une formation pour les tuteurs est d'ores et déjà prévue pour cet automne.
PPP et tutorat sont des outils complémentaires. Si le premier est une réponse collective aux besoins des porteurs de projet, le second est une réponse individuelle. Il permet de palier à certains manques de compétences et apporte un accompagnement plus concret en situation réelle. C'est un véritable échange entre le jeune et son (ou ses) tuteur.

Johnny Boisson, secrétaire général des JA, encourage les Jeunes agriculteurs « à se positionner en tant que tuteur. Même si notre expérience est encore restreinte, notre installation récente nous permettrait d'aiguiller les candidats à l'installation. » Jean-Luc Mathieu, président de la Chambre d'agriculture, et Dominique Marchand, président de la Fdsea, s'accordent dans leur vision du tutorat. « Ce n'est pas quelque chose qui doit se limiter au court terme. Les difficultés et les interrogations ne s'arrêtent pas le jour de l'installation. » David Linassier, membre des JA, pose la question qui fâche. « Qu'en est-il du financement ? Car mettre tout ça en place, ça coûte de l'argent. » Et d'interpeller Frédéric Borderon, membre du conseil d'administration de JA national. Ce dernier précise que des pistes de réflexion ont vu le jour. Reste à définir un cadre légal, juridique et sociale, pour une mise en place pérenne du tutorat.

Source Vienne Rurale

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier