L'acte 2 de la guerre des prix de la viande bovine

Sophie Giraud

Après les GMS, c'est aux abatteurs que les éleveurs sont allés demander des comptes en milieu de semaine. Socopa, à Villefranche d'Allier, faisait partie des cibles.

“En colère”. Il n'y avait pas seulement sur les tee-shirts que l'on pouvait lire la colère, mercredi, devant l'abattoir Socopa, situé à Villefranche d'Allier. Sur les visages aussi, l'envie d'en découdre était palpable. Dans les discours, pas besoin de prolonger très longtemps la conversation pour sentir que la plupart des éleveurs, venus du Cantal, de l'Allier, de la Creuse et du Puy-de-Dôme, ont atteint le point de non retour. Autrement dit, pour s'en sortir, “les prix doivent augmenter, un point c'est tout”. Alors, après une première étape qui a consisté à investir les grandes surfaces pour sticker les barquettes de viande (voir l'Union des 15 et 22 septembre) et ainsi à pointer du doigt l'écart grandissant entre prix payé à la production et prix à la consommation, les éleveurs avaient décidé de remonter la filière en “visitant” les abatteurs.

Marché porteur

“Nos opérations dans les magasins ont dérangé la grande distribution dans la mesure où les responsables sont mal à l'aise pour expliquer aux consommateurs de tels écarts de prix”, explique Patrick Bénézit, chef de file des éleveurs de races à viande du Massif central. Une grande distribution selon lui sensible au final aux hausses de prix réclamées par les éleveurs. “Ces augmentations de prix sont possibles car il rentre moins de viande étrangère, même si c'est déjà trop. La production française a baissé, et la consommation a augmenté entre le premier et le second semestre 2010. Et les prix en Italie sont en train de monter”, martèle le syndicaliste. L'ensemble de ces facteurs, couplé à une forte pression syndicale, ont poussé la commission de cotation de Limoges à acter lundi une augmentation de 8 centimes d'euros pour les vaches et de 5 centimes d'euros pour les autres catégories. “Notre objectif est d'atteindre au fil des semaines les 60 centimes d'euros”, précise Pascal Lerousseau, éleveur creusois, membre assidu de la commission de cotation. Pour les responsables du groupe Socopa, l'augmentation n'est en tout cas pas à l'ordre du jour. Une délégation de dix éleveurs a été reçue durant trois quart d'heure. Chez l'abatteur on a joué la montre, en indiquant qu'il fallait en référer au “grand chef”, Bigard. Une heure plus tard, nouvel entretien pour au final admettre ne pas avoir de consigne d'augmenter les prix. Mouvement de foule, recul du tracteur et de sa remorque... dans le portail. La guerre du juste prix aura donc bel et bien lieu. “Nous organiserons des blocages jour et nuit s'il le faut”, prévient Jean-Paul Thénot, président de la section bovine du Puy-de-Dôme.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source L'Union du Cantal

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