L'agriculture a besoin de jouer collectif : Échanger permet de moins subir

JA Mag

L'agriculture a besoin de jouer collectif : Échanger permet de moins subir

Qu’apportent les groupes d’échange aux agriculteurs ? Comment s’adaptent-ils au nouveau contexte ? Les réponses d’Olivier Tourand, président de la FNGeda, éleveur bovin et ovin et ancien président de JA Creuse.

L'agriculture a besoin de jouer collectif : Échanger permet de moins subir

Comment se portent les Geda ? Notre réseau compte 450 groupes, des Geda, mais aussi des GVA, des Ceta, parfois des Civam. Ce sont des appellations historiques. Leur nombre est en diminution, car il y a des regroupements. Autre évolution majeure, des collectifs se forment au sein des groupes autour de différents projets, alors qu’historiquement, nos groupes étaient avant tout territoriaux. 

Quelle est la place des jeunes dans vos groupes ? Nous avons un gros travail à mener sur le renouvellement des responsables. Notre réseau rajeunit, mais les jeunes n’ont pas les mêmes attentes que leurs aînés. Ils viennent dans nos groupes, mais ne se retrouvent pas toujours dans certains modes de fonctionnement.

L'agriculture a besoin de jouer collectif : Échanger permet de moins subir

Sur quelles thématiques travaillent les Geda ? La technique reste majoritaire, suivie du travail sur la stratégie d’exploitation et la prospective. Depuis deux-trois ans, grâce à nos groupes féminins, nous abordons aussi le bien-être des exploitants. Nous avons organisé une formation à Paris et six conférences en région, avec une psycho coach québécoise qui a quinze années d’avance sur la France. Ça nous a fait comprendre qu’il ne fallait plus parler de risques psychosociaux, de suicides, mais de bien-être au travail. Ça a été un succès : nous avons vu des gens qui ne venaient pas auparavant, nos adhérents demandent des formations dans les départements. Le problème, c’est qu’il y a très peu de gens formés sur ces thématiques en agriculture. Notre but est de créer un réseau pour identifier les gens qui sont perturbés par des événements.

La crise provoque-t-elle un repli ou une présence accrue de vos adhérents ? Les deux. Certains Geda sont très dynamiques. La crise a moins d’effet sur eux, car ils sont dans l’optique de se projeter dans l’avenir. D’autres groupes sont moins dynamiques et ils peuvent avoir du mal à trouver des projets. À nous parfois de les aider à trouver le déclic pour que les agriculteurs se mettent autour de la table. Ce qui est sûr, c’est que les agriculteurs qui sont dans des groupes qui fonctionnent bien surmontent mieux les crises et les difficultés sur leurs exploitations. L’habitude d’échanger permet de moins subir, d’être plus proactif.

 Le travail collectif est-il suffisamment reconnu par les pouvoirs publics ? Non, nos groupes ne sont pas assez reconnus, notamment dans la distribution des financements publics. Par exemple, les fonds Casdar – qui est l’argent des agriculteurs redistribué aux agriculteurs – reviennent quasi exclusivement à l’APCA et aux instituts techniques. Nos groupes ont beaucoup de difficultés à obtenir ces financements. Le collectif, tout le monde en fait, surtout depuis que Stéphane Le Foll l’a mis en avant avec les GIEE. Mais il n’est pas allé au bout de la démarche. Les pouvoirs publics ne sont pas très regardants sur le fonctionnement des collectifs qu’ils aident. Nous sommes des collectifs voulus par les agriculteurs et où ils sont décideurs. Nous sommes très attachés à cette notion d’énergie montante : nous sommes convaincus que les solutions, les initiatives viennent des agriculteurs eux-mêmes.

Quelle est Quelle est la suite pour les Geda ? En 2016, nous allons mettre en place un groupe qui réfléchira à l’avenir du réseau et fera une tournée des départements pour recueillir les besoin des adhérents. Les principales questions tournent autour de l’autonomie, du financement et du renouvellement des responsables. Pour notre prochain congrès en janvier 2017, nous réfléchissons aussi à comment quantifier la plus-value du collectif.

lire l'article : l'agriculture a besoin de jouer collectif : 

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Source : JAMAG n° 720 -2015 - par Yannick Groult et Carole de Boyer d'Eguilles

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