L’agriculture au coeur des challenges de la lutte contre le réchauffement climatique

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L’agriculture au coeur des challenges de la lutte contre le réchauffement climatique
"L’agriculture n’est donc pas un problème, elle est une véritable solution" selon michel portier, directeur d'Agritel (DR)

L’équation est simple et ne date pas d’hier. Face au réchauffement du climat et pour répondre à l’objectif de limiter à 2°C la hausse des températures, deux facteurs sont à intégrer : la réduction des émissions de gaz à effet de serre et le stockage du carbone présent dans l’air. Point de vue de Michel Portier, directeur général d’AGRITEL.

Créer un marché mondial du carbone était une idée séduisante, voire logique. En donnant de la valeur économique aux gaz à effet de serre, on œuvre implicitement pour la réduction de leurs émissions. Mais ce nouveau marché financier régulé par des droits d’émissions nationaux est un échec ! L’attribution abusive des quotas et les transferts entre émetteurs ont dénaturé l’objectif initial de limitation des émissions. De plus, le système d’échange de quotas d’émissions de gaz à effet de serre ne valorise pas les actions de stockage du carbone. L’équation de départ était certes déjà faussée, avec ce marché elle l’est d’autant plus.

Selon un rapport de l’ONU, les catastrophes naturelles ont provoqué la mort de 606.000 personnes en l’espace de 10 ans. Le nombre de blessés et de sans-abris est quant à lui estimé à 4,1 milliards sur cette même décennie. Au-delà de ces constats alarmants, tous les indicateurs montrent que l’enjeu aujourd’hui est de concevoir un nouveau système de développement basé sur une économie plus respectueuse de l’environnement et sur le partage.

Notre économie fondée depuis la révolution industrielle sur un développement manufacturier lié au pétrole arrive à bout de course. Nous devons revenir dans l’ère du vivant. Nous devons considérer le carbone comme l’un des nouveaux drivers de notre économie, comme ce fut le cas avec le charbon puis le pétrole au 20ème siècle. Plus qu’un marché financier du carbone hésitant, c’est bien de la construction de toute une économie basée sur de nouveaux modèles dont nous parlons ici. Et l’agriculture est au cœur de cette économie. 

Faire tourner l'usine de photosynthèse à plein régime

La productivité agricole permet donc de bénéficier d’un bilan carbone extrêmement positif. Plus on produit, plus on stocke du carbone. Bien entendu, ce bilan n’est possible qu’avec la mise en œuvre de pratiques agricoles dites durables. Le secteur agricole met d’ores et déjà en œuvre des pratiques de ce type, contribuant à faire tourner cette formidable usine dite de photosynthèse à plein régime. Elle intègre, par exemple, dans ses rotations de culture des CIPAN - Cultures Intermédiaires Pièges A Nitrates – qui comme leur nom l’indique, permettent de capter l’azote dans le sol.

L’initiative 4 pour 1000 récemment mis en place dans le secteur pourrait permettre, selon le GIEC, de stocker 1,2 milliard de tonnes de carbone par an dans les sols agricoles. L’agriculture n’est donc pas un problème, elle est une véritable solution.

En construisant cette économie basée sur le carbone, les agriculteurs bénéficieront naturellement d’une nouvelle source de revenu, nécessaire dans un contexte toujours plus difficile pour ce secteur d’activités. Car si l’exploitant agricole peut contribuer positivement au changement climatique, il le subit aussi de plein fouet. N’oublions pas que les produits agricoles sont des produits dits météo-sensibles.

La multiplication de phénomènes adverses en climatologie impacte directement l’offre des matières premières alors que la demande explose proportionnellement à la croissance démographique. L’élasticité offre/demande en agriculture et ses conséquences sur les prix, plus connu sous le nom de l’effet KING, est très faible, car elle touche à des produits de première nécessité. C’est donc la variabilité de l’offre qui génère la volatilité des prix. Imaginons les conséquences d’un dérèglement durable des conditions météorologiques sur les marchés de matières premières agricole. Le principal moyen durable pour y remédier est de stocker les années d’excédents et de déstocker les années de pénurie. Le G20 l’avait déjà mis en avant en 2011.

Un déficit hydrique supérieur à celui des pays du Maghreb

D’autres outils de gestion, tels que les assurances risques climatiques, ou autres assurances revenus et marges peuvent également être déployés. Mais plus qu’un panel de mesures, nous devons anticiper une croissance exponentielle des besoins en financement liés à la gestion de cette volatilité. En outre, le changement climatique va rebattre les cartes des échanges internationaux. Selon la FAO, le réchauffement climatique induira un déficit hydrique supérieur à celui déjà constaté dans les pays du Maghreb. A l’est de l’Europe, une augmentation de la pluviométrie devrait favoriser les productions de ces régions, renforçant la concurrence existante avec les agriculteurs français. Les échanges de céréales devront donc impérativement être intégrés dans les enjeux géopolitiques.

La COP21 est une opportunité de faire reconnaître l’agriculture comme un acteur majeur de la lutte contre le changement climatique. Elle doit donc non seulement permettre au secteur agricole d’intensifier ses actions pour sa contribution positive, mais aussi concevoir une nouvelle économie du carbone où les agriculteurs ont un rôle à jouer. 

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Commentaires 1

CLOCHE215

oui, nous sommes le sauveur du monde: climat, nutrition du genre humain. qu'on nous traite comme tel!!!

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