L’Amour est dans le pré : l’émission qui a séduit les Français

P.Olivieri, R.Saint-André

L’Amour est dans le pré : l’émission qui a séduit les Français
M6

L’émission phare de M6, L’amour est dans le pré, enregistre des records d’audience depuis dix ans. Une émission de téléréalité qui a visiblement aussi conquis dans les fermes cantaliennes.

Chaque semaine, ils sont des millions depuis dix ans à suivre les espoirs, les joies et déconvenues d’une dizaine d'agriculteurs et agricultrices, candidats de l’émission phare de M6, L’Amour est dans le pré, dont la part d’audience atteint des sommets avec jusqu’à 30,7% de part de marché le lundi soir et sept millions de téléspectateurs les yeux rivés sur le petit écran en immersion dans le quotidien de ces célibataires à la ferme.

Des postulants au grand amour dont la spontanéité, la timidité, voire parfois la naïveté, touchent visiblement les Français avec un casting qui donne aussi à voir la diversité de l’agriculture hexagonale. Pour cette dixième saison, les fidèles de l’émission ont ainsi pu visionner les très attendus portraits d’Éric, 54 ans, arboriculteur en Bourgogne, Jacky, 26 ans, éleveur de porcs en Pays de Loire, Éva, 25 ans, à la tête d’un troupeau de laitières en Rhône-Alpes... et Guillaume, premier candidat gay de l’émission.

“On s’attache aux gens”

Qu’on aime ou pas, l’émission de télé-réalité qui s’est exportée depuis au Québec, ne laisse pas indifférent. À commencer dans le milieu agricole, où les avis favorables semblent l’emporter. Michel Oustry, 59 ans, marié, et éleveur à Labrousse, fait partie des inconditionnels. Depuis 2006, il n’a raté aucune saison et “roumègue” quand une réunion du GVA(1) tombe... un lundi soir. Bien qu’il ait trouvé depuis la solution : “Ça repasse le samedi à 12 h 40, alors je me rattrape !” “Au départ, ce qui m’a plu, c’était les paysages, les animaux, et puis on se prend au jeu même si c’est de la téléréalité, reconnaît-il. On s’attache aux gens, chacun a son style. Celui qui m’a beaucoup marqué, c’était un veuf qui s’est depuis remarié, Thierry je crois...”

Pour l’éleveur cantalien, “si tout n’aboutit pas, ça peut aider certains à faire de belles rencontres”. Un avis que partage Christelle Garrigoux, 31 ans, deux enfants, à la tête avec son époux d’un troupeau allaitant à Ladinhac : “On n’est pas forcément des accros mais on la regarde quand on peut, ce sont des célibataires attachants et puis cela permet à des jeunes agriculteurs réservés de trouver quelqu’un.” Des jeunes qui, contrairement aux autres émissions, ne sont pas choisis sur le seul critère d’un “physique de top model !” Pour elle, le quotidien des exploitants filmé est assez fidèle à la réalité, “et puis on voit des collègues d’un peu toute la France”.

“Ça redore notre image”

À 20 h 55 le lundi soir, ne cherchez pas Ludovic Capet : cet éleveur laitier de 25 ans, célibataire, est installé sur le canapé face à la télévision, un ordinateur portable sur les genoux : “C’est pour échanger avec les copains nos impressions en temps réel sur les réseaux sociaux. On balance un tweet ou un avis sur Facebook.” Selon lui, l’émission a permis de faire tomber davantage de clichés qu’elle n’en a entretenus : “Enfin on a vu des agriculteurs ouverts au monde moderne, aux nouvelles technologies, à la vie sociale… Et ce, malgré un boulot contraignant.” Il se félicite aussi que le casting favorise toutes les formes de production : “On arrive forcément à se reconnaître dans un des portraits. L’émission a déjà redoré cette image de nos métiers et témoigne bien de l’évolution du monde agricole.” Néanmoins, Ludovic n’est pas pressé de s’y inscrire : “Oui, oui, j’y participerai, quand j’aurai 40 ans !” “Personnellement je ne l’aurais pas fait, sachant qu’on est regardé par des millions de téléspectateurs et que l’on force le destin d’une rencontre amoureuse. Mais je comprends que pour certaines personnes, très timides, il faut ce biais”, estime pour sa part François Fabre, 25 ans, en couple. Lui aussi avoue suivre assidûment l’émission : “Ça donne une image moderne du métier. Bien sûr je ne suis pas dupe, ça reste de la télé-réalité qui chasse un peu le naturel devant la caméra avec une part de comédie.” Bien sûr, il y a aussi, a contrario, des candidats qui prêtent à sourire. Mais pour ce jeune éleveur salers de Saint-Chamant, si l’émission a franchi le cap de la décennie, c’est que les Français l’apprécient, se sont pris d’un vrai intérêt pour les agriculteurs.

“Ça ne peut pas faire de mal…”

Le père de François regarde lui aussi l’émission de temps en temps. “On y voit des gens ouverts et pleins de sincérité. Mais on sait aussi que dans la diversité des candidats, certains personnages sont choisis pour faire de l’audience auprès des citadins, qui attendent une image un peu bucolique de l’agriculture”, analyse Jean- Marie Fabre. S’il admet que ce rendez-vous télévisuel ne renvoie pas forcément une image négative de l’agriculture, il juge qu’elle n’apporte pas grand-chose non plus : “Un peu comme une aspirine quand on a mal au dos, si ça ne fait pas du bien, ça ne peut pas faire de mal non plus.” Car pour ce qui est de la problématique du célibat, Jean-Marie Fabre est dubitatif. D’autres aussi sont sceptiques, à l’image de Jean-Gaby Cazes, éleveur à Marcolès : “Je trouve que parfois, le trait est un peu forcé, qu’on crée des situations comiques autour de braves gars pas très à l’aise...” Installé à Thiézac, Maryline Rispal, 33 ans, en couple, est plus tranchée : “Je regarde très peu car à cette heure là, je fais le fromage. Mais franchement, c’est un peu du cinéma. D’accord ça fait parler des agriculteurs mais s’il y a un pauvre gars dans le lot, il va se faire traiter de paysan, avec une image passéiste du métier. Moi ça m’énerve.”

 

(1) Groupement de vulgarisation agricole.

 

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Commentaires 1

esclave

je sais que l emission existe et l ai vue une ou 2 fois pour moi c est presonnage sont tous simplement des intermittants du spectacle qui on etutier la question les metteurs en scenes se font du fric sur le dos de la misere sociale paysanne chez nous nombreux rsa paysans vivent dans les bois en couple avec des enfants comme des camps de gitan les camera ni font pas car les gens de la ville ne pourrai pas le croire que cela existe en france la france et son agriculture c est 80 pour cent de misere sociale cette telerealitee et loin de rassembler 20 autre pour cent qui ne sont pas tous des celibataires c est tres clair tous ceci et du pipo a fric et tres loin de la realiter c est dur a entendre la veritee esclave

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