L’artificialisation des sols agricoles repart à la hausse

Lise Monteillet

L’artificialisation des sols agricoles repart à la hausse

Après une période d’accalmie, l’artificialisation des terres agricoles reprend de l’ampleur pour la seconde année consécutive, selon la fédération nationale des Safer (Fnsafer).

Le nombre de transactions, sur le marché de l’urbanisation, a bondi de 22 % en 2016, après une augmentation de 3,8 % en 2015. « Sous l’effet des difficultés des ménages puis de l’éclatement de la crise financière fin 2008, le marché de l’urbanisation a été divisé par 2 en surface entre 2007 et 2013, passant de 49 000 à 24 000 ha. Depuis 2015, il repart pour atteindre 30 000 ha en 2016 », alerte la Safer.

Selon ses estimations, entre 50 000 et 60 000 ha ont été artificialisés en 2016. À ce rythme-là, la surface agricole d’un département disparaît tous les 5-6 ans. Et la France perd un cinquième de son potentiel agricole entre 1960 et 2060. 

Faut-il s’en inquiéter ? « Nous protégeons d’ores et déjà les forêts et les espaces de biodiversité remarquable. Nous devons, de même, protéger les sols agricoles, en priorité ceux qui présentent le meilleur potentiel », souhaite la Fnsafer. Celle-ci rappelle que cette protection « est indispensable pour s’adapter au réchauffement climatique et réduire le déficit européen de terres agricoles ». L’Europe importe déjà l’équivalent de 20 % de sa surface agricole.

Le marché de l’urbanisation concerne des biens qui ont une vocation agricole au moment de la vente et qui vont changer d’usage. Il reflète ainsi la phase amont de la production immobilière. Au moment de la transaction, ces terrains ne sont encore ni équipés, ni viabilisés, ni divisés en lots.

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50 % des surfaces consommées par l’habitat individuel

Selon l’enquête Teruti-Lucas, près d’un hectare sur deux a été consommé par l’habitat individuel entre 2006 et 2014. Viennent ensuite les réseaux routiers, puis les infrastructures agricoles. À noter que seulement deux tiers des sols artificialisés sont imperméabilisés. Une partie des sols est notamment enherbée. 

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Le phénomène d’artificialisation des sols est corrélé à la croissance démographique, qui engendre de nouveaux besoins d’espace pour l’habitat et les activités économiques. 

croissance-démographique

Pour en savoir plus, découvrez notre dossier : Artificialisation des terres agricoles, halte aux bétonnières !

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Commentaires 2

49

le marché urbain concerne des biens qui on une vocation agricole au moment de la vente et qui vont changer d'usage. (FAUT ! )
Ce sont des terres agricole qui on été classé en amont en zone urbaine, et cela même avec l'alerte du monde agricole, les SAFER ne font rien.
Petit rappel (SAFER) entreprise de service individuel et privée, qui ne cherche que le profit pour le bénéfice de ceux qui y travail.

gib

Et on ose nous donner des leçons de durabilité en détruisant( durablement puisque pour toujours des terres agricoles ,surtout dans les meilleures) !
On créée des mégapoles qui vampirisent les espaces ruraux environnants où l'immobilier est tellement convoité qu'il est inaccessible au plus grand nombre....
On avait cru comprendre qu'internet et les nouvelles technologies allaient permettre un développement harmonieux des territoires
Nous avons droit au développement des spéculateurs immobiliers...

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