L’assainissement paratuberculose en Creuse : des alertes conséquentes, un plan efficace

Christian PETIT / Dr Didier GUERIN

L’assainissement paratuberculose en Creuse : des alertes conséquentes, un plan efficace

Paratuberculose bovine => Une prise de conscience et une mobilisation grandissantes s’observent dans la mise en place des plans de maîtrise de la paratuberculose en Creuse.

L’assainissement paratuberculose en Creuse : des alertes conséquentes, un plan efficace

La paratuberculose s’avère être une maladieavec un impact sanitaire et économique conséquent. Les caractères insidieux etinguérissable de cette maladie demandent une mise en place rapide d’un pland’assainissement dès son diagnostic dans son élevage.

Unemaladie d’impact économique élevé, insidieuse, avec une maîtrise difficile

L’impact économique de cette maladie, par lecaractère inguérissable et le coût des analyses, demande une organisation de lagestion. La paratuberculose se caractérise par trois éléments majeurs :

1.  Un long développement auniveau de l’animal. Le germe se développe très lentement chez le bovin, lacontamination a lieu le plus souvent dans les 1ers mois de vie etles premiers symptômes apparaissent, en cheptel allaitant, entre 2 à 4 ans dans50% des cas, jusqu’à l’âge de 10 ans et plus pour les 50 autres%, après unepériode d’excrétion donc de contamination du milieu.

2.  Un germe trèsrésistant dans le milieu extérieur, toutparticulièrement en milieu acide.

3.  Des analyses disponiblespour détecter les bovins atteints imparfaites. La détection des infectés ne peut intervenir que 2 ansminimum après l’infection lorsqu’ils sont en phase d’excrétion (PCR) ou à unstade d’infection avancé (ELISA). Cependant, ces analyses permettent dedétecter les animaux infectés avant qu’ils ne présentent des symptômes (1erapport d’un plan d’assainissement) et d’apporter des garanties de cheptel par leurrépétition au niveau d’un troupeau.

Effectuer un diagnostic dès la moindre alerte et mettre en place rapidement un plan d’assainissement en cas de résultat positif

Du fait des caractéristiques de cette maladie,en l’absence d’actions dans l’élevage, son développement est inéluctable avecun impact grandissant au cours des années ainsi qu’un allongement de la duréedu plan d’assainissement. Cela implique qu’une approche rationnelle de laparatuberculose dans son troupeau nécessite :

1. Une action sur tout bovin présentant unediarrhée chronique. L’animalest isolé (un bovin en phase clinique de paratuberculose excrète des milliardsde bactéries par jour)  et fait l’objet d’un prélèvement de sang(pour analyse ELISA) et de bouse(pour PCR et coprologie : diagnostic différentiel de la paramphistomosequi présente des signes cliniques comparables à la paratuberculose).

2. La réalisation d’un état des lieux en cas derésultat positif. A laprophylaxie suivante, une sérologie sera effectuée sur l’ensemble des bovins deplus de 24 mois. Cela permet de quantifier l’importance de l’atteinteparatuberculose de l’élevage.

3. La mise en place d’un plan d’assainissement. En fonction des caractéristiques del’élevage, de son historique clinique, des résultats de l’état des lieux, unplan d’assainissement est défini et demande à être mis en place sans délai. Ils’appuie sur deux piliers d’égale importance, d’une part, la détection et laréforme des infectés, source de matières virulentes, et, d’autre part, lamaîtrise sanitaire des risques de contamination au sein de l’effectif pourlimiter la transmission indirecte de la maladie, source de nouveaux infectés.Toute non-prise en compte d’un des deux piliers expose au mieux à uneaugmentation de la durée du plan, au pire à son échec.

L’assainissement paratuberculose en Creuse : des alertes conséquentes, un plan efficace

La détection et la réforme des animaux excréteurs et de leur dernier descendant

Sonobjectif est de limiter la contamination du milieu, d’abaisser le risque decontamination d’autres bovins et de détecter les animaux qui sont les plussusceptibles de déclencher une paratuberculose clinique. La fréquence de dépistage est d’une fois par an. Seront testés tousles bovins de plus de 24 mois sauf en cheptels très infectés où l’âge minimalsera descendu à 18 mois. Deuxtechniques d’analyses peuvent être utilisées : la PCR et la sérologie ELISA.L’importance de l’atteinte clinique et le nombre de positifs, la proximité veau/vache(élevage allaitant) orienteront vers la PCR vu son effet plus limitatif decontamination du milieu extérieur.

La maîtrise sanitaire des risques de contamination ausein de l’effectif 

La maîtrise sanitairedes risques de contamination permet de réduire le contact entre les jeunesanimaux et les déjections et de limiter l’apparition de la maladie chez lesbovins contaminés. Elle s’appuie sur la mise en place et le respect des pointsfondamentaux suivants : gestion des fumiers, nettoyage approfondi et désinfectionrégulière des bâtiments d’élevage, aménagement et entretien des pointsd’abreuvement, amendement calcique des prairies, alimentation suffisante et équilibrée, planantiparasitaire adapté notamment pour la grande douve et le paramphistome. Afind’éviter toute nouvelle contamination d’origine externe, il ne sera introduit,dans la mesure du possible, que des bovins issus de cheptels sous apport degarantie en matière de paratuberculose. De plus, tout bovin introduit âgéd’au moins 18 mois fera l’objet de contrôle par sérologie et PCR. S’il s’agitd’un animal plus jeune, son contrôle sera différé jusqu’à l’obtention de l’âgerequis (cf. article à venir du 27/09/2013).

Une prise de conscience et une mobilisation grandissantes

La reprise de la mobilisation amorcée depuis 3ans se confirme et s’amplifie cette année. Ainsi, 34 élevages se sont engagésdans un plan paratuberculose au cours de cette campagne dont 25 dans le cadredes alertes émises par GDS Creuse suite à des résultats ponctuels positifs(suspicion clinique, résultat positif à la vente) en relation avec levétérinaire en charge du suivi de l’élevage.

Une action nécessitant vigilance etconstance, une aide technique et financière de GDS Creuse en relation avec levétérinaire de l’élevage

La maîtrise de laclinique et l’assainissement d’un élevage vis à vis de la paratuberculosedemandent une implication importante de la part de l’éleveur et du vétérinaireassociée à l’implication de GDS Creuse qui apporte ses aides techniques (suiviannuel de chaque élevage avec adaptation du plan en fonction des résultats etdes alertes, audit d’élevage pour les cas particuliers ou particulièrementimportants) et financière (aides aux analyses et visites). Au-delà del’obtention des critères de sortie de plan (plus de clinique, pasd’animaux positifs dans l’élevage, pas de réforme d’animaux positifs depuisdeux ans, deux séries consécutives de résultats négatifs), les éleveurs lesouhaitant peuvent s’engager dans le système d’apport de garantie vis à vis dela paratuberculose (cf.article à venir du 27/09/2013) avec tous les avantages qui sont liés. Pour toutrenseignement complémentaire, n’hésitez pas à contacter votre vétérinaire ouGDS Creuse.

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