L'Assemblée adopte en nouvelle lecture le projet de loi biodiversité

L'Assemblée adopte en nouvelle lecture le projet de loi biodiversité

L'Assemblée a adopté jeudi en nouvelle lecture le projet de loi biodiversité, le gouvernement vantant un texte qui ne contient que "des avancées par rapport au droit en vigueur", mais des écologistes déplorant un "recul" sur les néonicotinoïdes et l'huile de palme.

La secrétaire d'Etat à la Biodiversité Barbara Pompili a souligné qu'avec ce vote le parcours du texte n'était pas "au bout du processus" mais s'en approchait "grandement". Le projet de loi doit encore faire l'objet d'une navette avec le Sénat, avant un ultime vote en juillet de l'Assemblée, qui a le dernier mot.

Estimant que le texte contribue à faire de la France "un pays d'excellence environnementale", la ministre écologiste a regretté qu'il soit "de mise, surtout dans cette période, de critiquer, d'atténuer de décrédibiliser la France, c'est un calcul politique parfois, mais aussi malheureusement un trait de caractère national".

"Quel autre pays peut aujourd'hui arguer d'avoir aussi fortement (...) pris en compte les enjeux de la biodiversité? Quel autre pays se dote d'une agence nationale spécifiquement dédiée de la biodiversité (...)? Quel autre pays inscrit dans son droit le principe de non régression environnementale (...)? Quel autre pays se dote d'un dispositif qui concerne tous les néonicotinoïdes et a posé le principe général de leur interdiction dès 2018 (...)? Quel autre pays a lancé une réflexion sur la fiscalité écologique des huiles alimentaires qui aboutira à des propositions dans six mois?...", a-t-elle notamment énuméré.

De vifs débats

Dans la nuit, les députés ont interdit, après de vifs débats, les insecticides de la famille des néonicotinoïdes, utilisés dans l'agriculture et considérés comme tueurs d'abeilles, à partir de septembre 2018.

Mais, sur cette mesure vivement combattue notamment au nom d'une défense du monde agricole, ils ont introduit des dérogations possibles jusqu'en 2020, ce qui n'avait pas été prévu lors de la deuxième lecture. "Un Canada Dry d'interdiction", a tweeté l'ex-ministre de l'Ecologie Delphine Batho, selon laquelle "d'ici 2020 Bayer et Syngenta peuvent dormir tranquilles et les abeilles continueront de mourir... "

 

Revenant sur de précédents votes, l'Assemblée a aussi renoncé mercredi soir à la surtaxation de l'huile de palme, autre mesure contestée notamment par l'Indonésie et la Malaisie. "Deux grands reculs", a dénoncé sur Twitter l'écologiste Danielle Auroi, Cécile Duflot disant sa "tristesse".

Jeudi, les députés ont procédé à d'ultimes retouches au texte, notamment sur la chasse, avec un amendement du gouvernement pour préserver les associations communales de chasse agréées.

Au nom des élus Les Républicains Gérard Menuel a critiqué globalement des "débats frustrants" et un "dogmatisme" à gauche, regrettant qu'il y ait eu "très peu d'ouvertures" sur les propositions de droite.

Source Avec AFP

Sur le même sujet

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier