L’Aubrac couleur far-west

H.Meignin

L’Aubrac couleur far-west
But de l’exercice : isoler un veau. En médaillon : Dominique Mornon et sa jument camargue de 4 ans, Vicky. - H.M

À la ferme de Bonnevide située à La Trinitat, Dominique Mornon et Gérard Devors élèvent et entraînent des chevaux quarter-horse destinés au cutting, discipline d’équitation western.

Dans un immense manège aux allures de corral, une dizaine de vaches et veaux attendent paisiblement.  Un  jeune cheval quarter-horse et son cavalier s’échauffent sous leurs yeux, avant de s’élancer vers le troupeau qui s’anime. But de l’exercice : isoler un veau. Si le cheval est issu d’une race américaine, le cow-boy qui le monte est bel et bien cantalien, les bovins sont des aubracs, et le ranch se situe à  La Trinitat dans le Cantal. À la ferme de Bonnevide, Dominique Mornon et Gérard Devors élèvent des chevaux destinés au cutting, discipline d’équitation western méconnue en France mais très prisée aux États- Unis, pays d’origine de bon nombre des équidés du couple.

 

Un travail sans contrainte

L’exploitation compte en effet une vingtaine de quarter-horses, mais également quelques camargues... comme un rappel vivant des origines de Dominique. “Je viens du Midi, je monte à cheval depuis toute petite. J’ai toujours côtoyé des chevaux qui travaillent avec le bétail”, explique- t-elle. C’est elle qui insuffle la passion du cheval à Gérard lorsqu’elle le rencontre en 2000. À cette époque, les pieds de ce dernier,  bien ancrés  au sol de la ferme familiale cantalienne, n’ont jamais quitté le plancher des vaches pour toucher celui d’un étrier. Aujourd’hui bien assis dans sa selle western, il entraîne Diamond, hongre de 3 ans. “On a importé quasiment tous nos chevaux des États-Unis. Là-bas, le cutting est considéré comme la haute-école de l’équitation.”, souligne Dominique. Sport dérivé du travail des cow-boys, il consiste aujourd’hui à sortir trois veaux du troupeau en 2’30” mn et à l’empêcher d’y retourner. Caractéristique de la discipline : “Une fois le veau isolé, on ne touche plus aux aides.” Autrement dit, le cavalier  ne  guide  plus  son cheval, c’est à l’animal d’agir en autonomie complète. “Un peu comme un chien de berger, décrit l’éleveuse. Il y a tellement de satisfaction quand on voit le cheval travailler seul !” Des résultats qui ne s’obtiennent qu’au prix d’une préparation longue et difficile, intense mais toujours respectueuse des équins comme des bovins. “Il faut réussir à doser la partie dressage sans blaser le cheval, en gardant le plaisir du jeu. En compétition, on est aussi notés là-dessus.” Troupeau dérangé, cheval agité,... Les animaux  stressés,  qui  manifestent des symptômes de travail dans la contrainte, sont en effet synonymes de points en moins.

 

Objectif : le Futurity

Diamond doit participer l’an prochain à sa première compétition, le Futurity. “C’est le concours que les éleveurs ne doivent pas louper.” Plus gros concours des États-Unis, il a lieu tous les ans en Italie, et tous les deux ans en France. Les montures présentées doivent disposer d’un “très gros potentiel”. “Il faut qu’ils aient tout le physique et le mental pour aller en compétition. Mais si le cheval ne va pas au bout, ça sera à cause de nous, pas à cause de lui.” Les chevaux sont entraînés tous les jours, et la discipline sportive se glisse parfois même jusque dans le quotidien de l’élevage bovin. “Je vais chercher le bétail à cheval, sourit Dominique. On fait les cow-boys du dimanche !” Et Gérard de conclure dans un grand sourire, des pépites plein les yeux : “Manque plus que les Indiens !”

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