L'aubrac veut se positionner en leader

E. Dizappalorto - La Volonté paysanne

L'organisme de sélection (OS) aubrac a fait part de ses ambitions pour les mois à venir.

“Nous avons le devoir de continuer à travailler sans relâche et plus que jamais pour améliorer la productivité numérique, les coûts de production, la facilité d'élevage, l'autonomie et le lien au sol par la valorisation des fourrages grossiers” : tels sont les propos qu'a tenus Henry Peyrac. Le président de l'OS aubrac se veut en effet confiant malgré le contexte délicat de la production de viande bovine. Il insiste : “Nous devons positionner l'aubrac en leader et non en suiveur.” Ce n'est en effet pas uniquement pour la beauté de ses yeux que nombre d'éleveurs ont choisi cette race !, s'amuse-t-il. Le herd-book aubrac rassemble 615 éleveurs (220 en Aveyron, 157 en Lozère, 136 dans le Cantal et 102 hors berceau), confirmant la percée de la race partout en France. La moyenne du nombre de veaux par cheptel est de 66, soit la plus élevée de France. Et le taux de croisement est en légère amélioration (21,2 %, soit 1,5% de plus). La progression devrait se poursuivre dans les années à venir, selon le directeur Jacques Renou. L'évolution de l'IA (insémination animale) se poursuit (+ 1,30 % depuis 2008). Le nombre d'IA réalisées sur les vaches aubrac s'élève à 22 022 au niveau national. Et 15 111 taureaux aubrac ont été utilisés.

Priorité au poids naissance

Le développement de la race se poursuit en France. “Les qualités maternelles exceptionnelles de nos vaches contribuent largement au développement de la race”, argumente Henry Peyrac. Ce dernier appelle néanmoins les éleveurs à la vigilance, en particulier autour du poids naissance. “La facilité de mise bas étant fortement liée au poids du veau, nous devons convaincre nos éleveurs que l'enregistrement de données sur la facilité de naissance est une priorité.” Ainsi, l'OS travaille depuis deux campagnes sur le relevé du poids naissance simultanément au tour de poitrine, en comptant sur le volontariat de 28 éleveurs. À partir de 2012-2013, espèrent les responsables de l'OS, les éleveurs pourront collecter le poids naissance en kilos (pesé ou estimé) et/ou un tour de poitrine en centimètres. Les documents de déclaration papier et informatique seront disponibles prochainement. “Nous espérons que tous les éleveurs seront partie prenante, il en va de l'avenir du développement de notre race”, a averti Henry Peyrac. Pour poursuivre ce travail, l'OS aubrac compte sur sa station d'évaluation de la Borie. Or, l'avenir de celle-ci est quelque peu remis en cause du fait du désengagement des financeurs. H. Peyrac a rappelé que cette station est “un formidable outil de recueil de données phénotypes à même de nous faire avancer rapidement dans l'évaluation génomique. Nous nous battons tous les jours pour le maintenir”. La génomique est aussi un dossier majeur pour l'OS. Les taureaux à génotyper ont été recensés. Dans le cadre du Coram (collectif des races de massifs), un réseau de collecte de données de ferme devrait se mettre en place.

 

Faciliter le commerce étranger

L'OS dépense également beaucoup d'énergie aux côtés des opérateurs commerciaux pour faciliter le commerce sur divers pays étrangers. Mais comme en convient Henry Peyrac, “les contraintes sanitaires, la difficulté de trouver des investisseurs sérieux, la crise économique mondiale n'ont fait que compliquer les possibilités d'exportation de nos animaux”. L'OS poursuit donc son rôle de veille et de promotion.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source L'Union du Cantal

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