L’autonomie au service de l’indépendance énergétique

Vania COLIN CALIOP

L’autonomie au service de l’indépendance énergétique

Depuis 2016, dans le cadre du dispositif GIEE, le CIVAM AD 72 accompagne un groupe d’une vingtaine d’éleveurs autour de la notion d’autonomie. Mais s’il ne fait quasiment plus de doute que les systèmes autonomes bénéficient d’une certaine indépendance économique vis-à-vis des opérateurs agricoles voire des aides publiques (Observatoire technico-économique du Réseau CIVAM), qu’en est-il d’un point de vue environnemental, et plus précisément énergétique ?

Par exemple, l’achat de 10 tonnes de tourteaux de soja mobilise environ 4,60 ha de surfaces à l’extérieur de la ferme.

Pour tenter de répondre à cette question, concentrons-nous sur les résultats du diagnostic de durabilité du Réseau CIVAM, auquel chacune des fermes du GIEE a été soumise pour réaliser un état des lieux initial. Nous nous intéresserons plus particulièrement aux résultats des fermes dont le système est en croisière au travers des 3 indicateurs suivants : la dépendance énergétique, l’empreinte foncière et le bilan des minéraux.

Comme son nom l’indique, l’indicateur « dépendance énergétique » (exprimé en Equivalent Litres de Fioul par hectare de SAU) traduit la dépendance de la ferme vis-à-vis des énergies fossiles, en estimant les consommations d’énergie directe (fioul, gaz, électricité) et indirecte (aliments, plastiques, engrais, pesticides). Bien sûr, cet indicateur ne constitue qu’une première approche globale de la consommation énergétique de la ferme. Il conviendrait de réaliser une étude énergétique plus exhaustive, à l’aide de l’outil Dia’Terre®, pour pouvoir affiner les résultats.

L’indicateur « empreinte foncière » (exprimé en pourcentage de la SAU) estime, quant à lui, la surface réellement mobilisée par la ferme, en intégrant les surfaces nécessaires à la production des aliments achetés.

Cet indicateur est intéressant, car il donne un aperçu d’un des deux principaux postes de consommation d’énergie indirecte sur une exploitation en polyculture-élevage, à savoir les aliments du bétail. L’autre poste concerne les engrais de synthèse.

Au regard des résultats de ces 2 indicateurs (graphique ci-dessous), on constate que la recherche d’autonomie alimentaire ne va pas forcément de paire avec une faible consommation d’énergie. En effet, si l’empreinte foncière oscille entre 100 et 141 % de la SAU, avec une moyenne à 123 %, la dépendance énergétique varie beaucoup plus largement : de 210 à 1 125 EQF/ha SAU.
Ceci s’explique notamment par l’orientation des systèmes de production : les fermes qui consomment le moins d’énergie sont généralement des exploitations laitières en AB (SOLENVIE, GRASTEAU, HUET, LE PIS, CHANTENAY, BUISSON), alors que les 3 fermes qui consomment le plus d’énergie sont des exploitations encore en système conventionnel. Pour autant, ces fermes restent relativement autonomes au niveau de l’alimentation animale, parfois plus que certaines exploitations biologiques (L’HETRE, CHEDET).

Néanmoins, il subsiste une différence notable entre ces systèmes qui est l’utilisation ou non des engrais minéraux. Alors la dépendance énergétique serait-elle « directement » reliée à la consommation d’engrais ? C’est que nous allons tenter d’analyser dans une deuxième partie et qui fera l'objet d'un second article.

Emilie DENIS

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