L'espace agricole et naturel auvergnat préservé du “grignotage”

S. Giraud ET P. OLIVIERI

Plus qu'ailleurs, l'Auvergne est parvenue à sauvegarder ses espaces agricoles et naturels en limitant l'artificialisation de ces surfaces entre 2006 et 2009.

“L'artificialisation des sols a pris une place plus modérée en Auvergne qu'en moyenne nationale (6 % du territoire, contre 9 %)”. C'est l'un des principaux constats d'une étude réalisée par le service statistique de la Draaf Auvergne. En raison d'une faible densité de population, chaque Auvergnat dispose pourtant d'une plus grande surface pour le résidentiel et les autres espaces artificialisés. L'Auvergne se classe au final parmi les régions les moins consommatrices en foncier agricole. En 2009, les espaces agricoles (sols cultivés et surfaces en herbe) occupent 59 % du territoire régional (1,531 million d'hectares), soit une part bien supérieure à la moyenne nationale (52 %). Les espaces boisés, l'autre grande composante du paysage auvergnat, couvrent 30 % du territoire (798 000 ha), une proportion dans les standards nationaux. Le principal usage en est la sylviculture (29 % de la surface en Auvergne, 24 % en France).

Hétérogénéité inter-départementale

Dans la région, la moitié des espaces artificialisés (170 000 ha au total) est utilisée à des fins d'habitat, de sports et de loisirs. Les infrastructures de tranport constituent la seconde destination avec un gros tiers des espaces artificialisés. Le reste (moins de 1 % du territoire auvergnat) est utilisé à part égale par l'industrie et les activités de services. L'occupation des territoires est cependant bien différente d'un département auvergnat à l'autre. L'espace agricole est le plus présent dans l'Allier (69 % de la superficie départementale). Cette particularité s'explique par une occupation plus restreinte des espaces boisés. À l'inverse, c'est en Haute-Loire que la surface agricole est la plus faible (49 %) tandis que l'espace boisé y tient la plus grande place (39 %). Le Puy-de-Dôme est le département dont l'occupation se rapproche le plus de la moyenne nationale. La part prise par l'espace agricole y est cependant un peu plus élevée (54 %) tout comme celle des espaces boisés (34 %). En revanche, la partie artificialisée est relativement moins importante (7,3 %), mais reste la plus forte de la région. Le Cantal se distingue par une bonne représentation des espaces agricole et boisé, laissant moins de place à d'autres occupations. Les sols bâtis notamment détiennent la plus faible part des départements de la région (0,3 % du territoire cantalien, 1,4 % dans le Puy-de-Dôme).

Réfléchir collectivement à une bonne gestion de l'espace

Un constat qui appelle des nuances pour Bernard Berthelier, directeur de la chambre d'agriculture du Cantal : “L'analyse de ces données, basées sur des évolutions très intéressantes au demeurant, ne doit pas masquer des situations différentes en valeurs absolues. Dans le Cantal justement, les sols artificialisés représentent plus de 2 000 m2 par habitant en 2008 contre 800 m2 seulement en France. Certes, le Cantal présente une densité de population nettement inférieure à la moyenne nationale, cela n'exlut pas pour autant l'intérêt de réfléchir collectivement à une bonne gestion de l'espace”. D'autant que le département voit la perte de ses surfaces agricoles s'accentuer sur cette dernière période. À l'inverse, le rythme de disparition de l'espace agricole auvergnat se ralentit quelque peu puisque, sur la décennie 1993-2003, près de 2 800 ha étaient transférés vers une autre occupation, contre 2 200 ha “seulement” chaque année entre 2006 et 2009. Une réduction qui équivaut tout de même à la disparition annuelle de 35 exploitations de 62 ha, la SAU (surface agricole utile) moyenne d'une ferme auvergnate. L'Auvergne échappe ainsi à la tendance nationale (France métropolitaine), celle d'une érosion accrue des terres agricoles : 38 800 ha sortaient du champ agricole annuellement sur la période 1993-2003 contre 93 000 ha entre 2006 et 2009. Ainsi, sur cette période récente, la France a perdu chaque année l'équivalent de 1 700 exploitations de 54 ha (SAU moyenne nationale). Une artificialisation que le législateur, via la loi de modernisation agricole, a cherché à contenir. (D'après Agreste Auvergne)
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source L'Union du Cantal

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