L’Europe en guerre contre les espèces invasives

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L’Europe en guerre contre les espèces invasives
Le frelon asiatique est devenu un grand prédateur de nos abeilles (DR)

L'UE va se doter d'ici 2016 d'une liste noire d'animaux, de plantes ou de micro-organismes considérés comme "persona non grata" en Europe car ils menaceraient la santé humaine ou les écosystèmes existants.

Les espèces invasives, appelées aussi « espèces exotiques envahissantes », sont des espèces introduites par l'homme en dehors de leur aire de répartition naturelle, dont la propagation menace la biodiversité et peut avoir des impacts négatifs sur l'économie et/ou la santé humaine. En Europe,  plus de 12.000 espèces allochtones sont aujourd’hui recensées, dont 15% qualifiées d'envahissantes, selon la Commission. Cette colonisation est estimée coûter au moins 12 milliards d'euros par an à l'Europe.

En France, les exemples d’espèces invasives sont nombreux : ragondin, frelon asiatique, écrevisse de Louisiane, grenouille taureau, ambroisie, jussies et autre  tortue de Floride… Les cas de l'ambroisie, une plante allergisante et nuisible aux récoltes, ou du frelon asiatique, illustrent les dommages qui peuvent être infligés au biotope.

50 espèces sous haute surveillance

Pour lutter contre ce phénomène, les institutions européennes vont dresser une liste de 50 espèces invasives. Liste susceptible d’être complétée pour  lutter contre de nouvelles intrusions. L'importation, l’achat-vente, l’utilisation ou la  libération dans la nature de ces végétaux, animaux ou micro-organismes recensés seront interdites.

En vertu de ce règlement, qui doit être avalisé par le Parlement européen en avril, les Etats membres devront analyser les canaux d'entrée de ces envahisseurs, et établir des sanctions pour les contrevenants. Ils devront aussi prendre des mesures de gestion pour les espèces déjà trop largement répandues pour pouvoir être éradiquées.

Suite à une levée de boucliers des éleveurs de visons, notamment au Danemark, les gouvernements et eurodéputés ont toutefois imposé à la Commission une possibilité d'exemption pour les espèces réputées nuisibles mais présentant un fort intérêt économique. La Hongrie s'est opposée au projet, invoquant un risque d'interdiction sur une espèce d'acacia cultivée dans le pays, tandis que la Commission a  démenti de nouvelles allégations britanniques selon lesquelles le projet menacerait nombre de plantes ornementales, dont le rhododendron.

 

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