L'industrie alimentaire dénonce 31 mois consécutifs de baisse des prix

L'industrie alimentaire dénonce 31 mois consécutifs de baisse des prix

L'association des industries alimentaires (Ania) a dénoncé mardi "31 mois de déflation consécutive" sur les prix payés par les distributeurs et la baisse continue de ses marges depuis l'entrée en vigueur de la loi de modernisation de l'économie (LME) en 2009.

"Nous avons atteint en janvier 2016 un niveau de déflation inobservé depuis plus de huit ans" a insisté le directeur économique de l'Ania, Stéphane Dahmani, présentant le bilan chiffré du secteur pour l'année 2015. Pomme de discorde récurrente, la négociation commerciale entre fournisseurs et distributeurs, conduite chaque année d'octobre à février, a été entièrement libéralisée par la loi de modernisation économique (LME) adoptée en 2008 et entrée en vigueur en janvier 2009, il y a huit ans.

Les marges des industries alimentaires accusent une baisse de cinq points depuis cette date bien que les prix n'aient baissé que de 0,9 points, a insisté M. Dahmani, et ce malgré une productivité en hausse de 5,5 points. "Cette baisse de marge était inobservée depuis 1974" a-t-il souligné en faisant valoir l'impact sur l'investissement, en baisse de 7% en 2015.  

Un changement "d'état d'esprit"

 

En conséquence, a-t-il poursuivi, les industries alimentaires ont enregistré l'an passé leur plus faible niveau d'investissement depuis huit ans (et la crise de 2008), avec "un décrochage entre le secteur et l'industrie manufacturière chiffrable à 20% environ depuis 2008". Malgré une baisse généralisée des matières premières, avec une chute de 50% pour le pétrole sur l'année 2015, et alimentaires, avec des replis de 15% en moyenne et davantage sur le blé ou le soja, ces dernières restent à un niveau très élevé, supérieur de 150% à 2004 et surtout extrêmement volatiles, a-t-il rappelé. "Les industries n'ont aucune visibilité et tendent à différer leurs investissements avec pour conséquence le vieillissement de l'outil industriel et le risque de décrochage" par rapport aux concurrents européens, affirme Jean-Philippe Girard, le Président de l'Ania qui appelle à réagir.

"La modernisation de l'outil et l'innovation sont déterminants, après on ne rattrape plus le retard" prévient-il en réclamant "un changement d'état d'esprit dans la filière" entre producteurs et distributeurs. En 2015, les 16.218 entreprises de l'Ania ont réalisé un chiffre d'affaires de 170 milliards d'euros, stable à périmètre constant (la base de calcul a été revue pour s'ajuster à celle du ministère de l'Agriculture et du Crédit agricole), a expliqué M. Dahmani. Avec 21% des ventes à l'export, la France est le 4e exportateur alimentaire mondial derrière les Etats-Unis, l'Allemagne et les Pays-Bas.

Source avec AFP

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