L'irrésistible ascension des brunes

Patricia Olivieri

Avec une croissance annuelle de 6 % en effectif, la race brune fait valoir ses atouts dans le Cantal.

Si le nombre ne fait pas la qualité - une maxime chère aux amateurs de brunes (les vaches !) - le syndicat cantalien des éleveurs de vaches de race brune se félicite de l'essor constant ces dernières années des effectifs de la race sur le territoire cantalien. Ainsi, si l'on ne recense que 18 éleveurs dans le département (au-delà de ceux ayant introduit quelques unités dans leur cheptel), la race y affiche le plus fort taux de progression (+ 6 % / an) avec près de 1 000 vaches contrôlées sur 1 150 ayant vêlé l'an dernier. Mieux, loin de ses terres maternelles helvètes, le Cantal reste solidement amarré à son rang de troisième département français “brun” (en termes d'effectif), derrière la Côte d'or et le voisin aveyronnais. Et cette spirale ascendante d'une race qui a conquis les cinq continents (seconde race laitière au monde derrière la prim'holstein), semble bien partie pour durer avec une poignée d'installations en troupeau brun dans le Cantal ces deux dernières années. Mais qu'est ce qui fait monter les brunes ? La qualité de leur lait, répondent tout de go les administrateurs du syndicat qui étaient réunis la semaine dernière chez leur président, Christian Bromet, à Boussac d'Arpajon-sur-Cère, pour planifier les activités de l'année. En effet, son lait très riche en protéines (64 % de la population possède le variant B de la kappa-caséine) est tout à fait adapté à une production de fromages de qualité. Le taux protéique affecte en outre directement et positivement le prix du lait et en fait un argument de choix, comme le confirment Christian Bromet et son fils qui avancent une valorisation supérieure de 30 à 40 euros les 1 000 litres.

Des brunes démonstratives

Non contente d'être une bonne “fromagère”, la brune présente “l'énorme avantage” - selon Cyril Bromet - d'être très docile et affectueuse, voire parfois “collante”, relèvent dans un sourire ses collègues. Pas de litiges entre elles, “elles se trient toutes seules”, assurent les membres du Gaec de Boussac, qui mettent également en avant ses qualités hors pair de marcheuse. Grâce à la corne sombre de leurs sabots, comme celle des salers, les brunes parcourent en moyenne deux kilomètres quotidiens chez les Bromet sur des sols pentus et caillouteux. “Avant, c'était l'installation de traite qui sortait dans les champs, maintenant ce sont les vaches qui viennent à la traite”, s'amuse C. Bromet. Ajoutez à cela sa rusticité, sa facilité d'adaptation, ses bons résultats sanitaires... La brune serait-elle donc le mouton bovin à cinq pattes rêvé des éleveurs laitiers ? Pas complètement. Plus discrètement, les éleveurs du syndicat admettent deux petits défauts : des veaux dont certains mettent plus de temps à prendre le réflexe du biberon et des petits veaux bruns bien mal cotés sur le marché. Pas de quoi freiner ces éleveurs sur leur lancée ni le syndicat dans sa volonté de promouvoir la race. Aussi, d'ores et déjà, les animaux de six éleveurs cantaliens sont pressentis pour concourir au National brun à Épinal début avril (tournée de sélection le 15 février) et la race devrait à nouveau être bien représentée aux Miss laitières le 17 avril à Saint-Flour. Autres rendez-vous pour lesquels les Cantaliens ont pris rang : le Sommet de l'élevage à Cournon et le Show open génisses à Saint-Étienne, où Évasion (une génisse co-propriété du Gaec-élevage Bonnet, du Gaec de Boussac et de l'EARL BS Gène Espoir) avait décroché le titre de réserve Grande championne en 2010.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source L'Union du Cantal

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