La campagne présidentielle déjà finement labourée

Agra Presse

Les programmes agricoles des candidats à l’élection présidentielle ne sont pas encore finalisés. Mais, déjà, leurs états-majors commencent à se positionner...

 

“Ce qui est inclus dans ­l’accord avec Europe Écologie Les Verts, n’est qu’une partie de notre programme prévu pour l’agriculture”, affirme Stéphane Le Foll, député européen et proche conseiller de François Hollande. Le programme global, lui, devrait être prêt pour le Salon de l’agriculture 2012, annonce l’organisateur de la campagne du candidat du PS. Il n’empêche, passée sous silence du fait des discussions intenses sur le nucléaire, la dimension agricole de cet accord est importante : soutien aux circuits courts, lutte contre les OGM “tels qu’ils sont” selon les termes de Stéphane Le Foll, suppression des soutiens aux biocarburants de première génération, pluralisme syndical dans les interprofessions, etc. De quoi faire sortir le président de la FNSEA de ses gonds et l’inciter à demander une nouvelle rencontre avec François Hollande. “Une rencontre tout à fait possible”, dit-on dans l’entourage du candidat à la présidentielle. En attendant, Xavier Beulin a dénoncé cet accord qualifié de “nuisible” à la compétitivité de l’agriculture, dans une lettre ouverte adressée au candidat socialiste.

 La campagne présidentielle déjà finement labourée

La plate-forme de la FNSEA

La FNSEA elle-même se prépare à publier une “plate-forme professionnelle agricole à destination des candidats à l’élection présiden­tielle”, qui devrait au préalable être proposée à la signature du Caf (Conseil de l’agriculture française) regroupant la FNSEA, les Jeunes agriculteurs, l’Assemblée des chambres d’agriculture et les membres de la CNMCCA (Mutualité, coopération et Crédit agricoles). Rien d’étonnant à ce que cette plate-forme de la FNSEA tranche avec les idées jusque-là annoncées par le PS. Démarrant avec un chapitre sur la compétitivité puis sur la “gestion des entreprises”, ce document est clairement orienté “économie”, privilégiant le rôle de production du monde agricole français vu par son principal syndicat. Objectif numéro 1 : corriger les distorsions de concurrence, sécuriser les activités de production, notamment avec des outils fiscaux et assurantiels. C’est même sous l’angle économique qu’est abordé le soutien aux productions bio ainsi que l’accompagnement des transmissions et installations. La FNSEA va plus loin à l’aval et, dans un esprit cohérent avec les leitmotives de son président, suggère un soutien des investissements et de la “composition des groupes agroalimentaires de taille européenne, voire internationale”. Le développement des industries agroalimentaires sur les territoires français, “dans le cadre d’une ré-industrialisation de notre pays” figure également parmi les priorités. Autre objectif, bien dans l’air du temps, l’instauration d’une TVA sociale permettant d’alléger les charges sociales des entreprises. Une part belle est également accordée à l’innovation technologique, dont “les progrès génétiques et variétaux” : comprendre, les OGM. Enfin, le droit de la concurrence devrait être adapté afin de rendre possibles les démarches collectives et coopératives, notamment via les engagements contractuels. Des mesures de régulation des marchés seraient également suggérées dans ce document à venir de la FNSEA, qui inclut également un volet social et le traitement de la question rurale en général.

Les potentialités des biocarburants

 C’est toujours sous l’angle économique que devrait être évoquée la question environnementale selon le projet de la FNSEA : “Dans ses contributions à la gestion durable et productive des ressources naturelles au service de l’alimentation” et “dans ses potentialités de production bioénergétique et de chimie du végétal”. Une dimension que ne comptent pas nier les socialistes. Stéphane Le Foll explique que si les agrocarburants de première génération feraient l’objet d’une réduction du soutien fiscal, les socialistes seraient extrêmement attentifs à ne pas détruire une filière qui s’est créée et qui est également productrice d’aliments pour animaux. Devant les coopératives, le 29 novembre, celui-ci évoquait aussi l’importance que le PS compte donner au problème de l’installation des jeunes. Des jeunes qui doivent pouvoir s’installer en pleine connaissance des enjeux économiques et des conditions dans lesquelles ils peuvent commercialiser leurs produits. Il n’empêche : à considérer les programmes (en ébauche encore pour le PS, quasi complet pour l’UMP) les plate- formes du syndicalisme majoritaire et des coopératives semblent avoir plus de points communs avec les velléités de compétitivité et de ­protection de l’UMP qu’avec les changements annoncés par les socialistes.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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