La concentration des coopératives s'accélère

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La concentration des coopératives s'accélère

Le congrès national de la Coopération agricole s’ouvre aujourd’hui à Paris pour deux jours. Des coopératives agricoles tournées vers l’avenir qui continuent leur mouvement de concentration mais qui restent fragiles dans certains secteurs, notamment de l’élevage.

Le crédit d'impôt au cœur des revendications

Pas moins de trois ministres (Benoît Hamon, Guillaume Garot et Stéphane Le Foll) participeront au congrès de Coop de France les 18 et 19 décembre au Palais des congrès de Paris. Philippe Mangin en profitera pour réclamer, une nouvelle fois, que les coopératives puissent bénéficier du Crédit d'Impôt pour la Compétitivité et l'Emploi (CICE). Entré en vigueur depuis le 1er janvier 2013, le CICE est réservé aux entreprises imposées au titre de l’impôt sur les sociétés (IS) ou de l’impôt sur le revenu (IR), ce qui n’est pas le cas  des coopératives qui bénéficient d’un régime fiscal à part.

Coop de France a fait ses calculs : la coopération serait ainsi privée de 116 M€ d’aides sous forme de crédit d’impôt. « Il n’est pas question que Stéphane Le Foll vienne sans réponse appropriée sur ce sujet », clame Philippe Mangin qui espère que le ministre obtiendra une dérogation de Bruxelles.  

Pour s’adapter à un environnement économique de plus en plus difficile et rechercher une taille « critique », les coopératives agricoles françaises poursuivent leur concentration entamée depuis quelques années. Sur les dix premiers mois de l'année, Coop de France dénombre 78 opérations (en comptant les acquisitions d'acteurs privés), dont près de 39 pour les seuls mouvements entre coopératives, soit presque autant qu’en 2012.

A la recherche de la taille critique

Une évolution qui s’explique par la recherche de la taille critique et caractérisée par trois objectifs : « développement international, renforcement des leaders coopératifs et croissance externe", explique Coop de France. Au total, le volume de chiffre d'affaires acquis par le secteur coopératif s'élève à 893 millions d'euros et celui cédé à 302 millions d'euros, soit un solde positif de 590 millions, inférieur au solde de 871 millions d'euros de l'an dernier.

Des coopératives agricoles et agroalimentaires qui  qui se portent bien " sur les filières les mieux structurées»  commente Philippe Mangin, président de Coop de France,  citant les secteurs du sucre, des céréales ou encore des oléagineux.

Dans le secteur des céréales, on note l’émergence de grands acteurs et Unions interrégionales  (comme  Cérévia) pour mieux maitriser la volatilité  alors que dans le sucre  Tereos, 4e producteur au monde, a racheté cette année une amidonnerie chinoise, via une coentreprise avec le singapourien Wilmar. Dans le vin, à côté des grands noms de la coopération (Val d’Orbieu, Cellier des Dauphins, Producteurs Plaimont..), on voit émerger des Unions régionales, notamment en Aquitaine (Terre de Vignerons) pour « construire une meilleure performance à l’exportation ».

Les filières d’élevage restent moins dynamiques

Mais  c'est dans le lait qu’a eu lieu la plus forte évolution, à la veille de la fin des quotas :  Sodiaal, première coopérative laitière et 4e groupe coopératif français, a repris les Fromageries de Blâmont et va fusionner avec le groupe 3A en janvier 2014. Le rapprochement d'Agrial et Eurial a aussi permis l’émergence  du 2e groupe coopératif laitier.

En revanche, les filières d'élevage sont nettement moins dynamiques. Outre les difficultés connues dans les volailles et le porc, Coop de France s'inquiète du devenir du secteur viande bovine et notamment "son maillon industriel qui reste  très fragile". Un secteur qui ne répond pas au double enjeu : « solidifier le maillon industriel et consolider l'exportation", selon Philippe Mangin.

84,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires

Le chiffre d'affaires des coopératives pour 2013 est évalué à 84,3 milliards d'euros, en légère hausse par rapport à 2012. Le secteur emploie plus de 160.000 salariés et représente 40% de l'agroalimentaire français. Les trois quarts des agriculteurs adhérent à une coopérative.

Le nombre de groupes français figurant dans le Top 20 européen des coopératives est passé de 5 en 2012 à 7 en 2013 : InVivo, Tereos, Terrena, Sodiaal, Vivescia, Agrial et Axéréal.  InVivo arrive par ailleurs au 16e rang des plus grandes coopératives agricoles au monde, suivi de Tereos à la 17e place. Très loin cependant du numéro un mondial, le japonais Zen-noh qui réalise un chiffre d'affaires plus de 10 fois plus important (55 milliards d'euros).

 

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