La Conf’ fête ses trente ans

Lise Monteillet

La Conf’ fête ses trente ans
Au centre : Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne.

En 2017, la Confédération paysanne fait toujours de la lutte contre l’industrialisation de l’agriculture son cheval de bataille.

La Confédération paysanne célèbre en 2017 trente ans de combat syndical. Cette année encore, c’est pour défendre une agriculture paysanne qu’elle entend se battre. Une prochaine « carte de l’industrialisation » sera d’ailleurs présentée, lors du salon de l’agriculture qui ouvrira ses portes en février à Paris.

La Confédération paysanne souhaite réconcilier les « citoyens consommateurs avec les paysans producteurs », selon Laurent Pinatel, son porte-parole. A ce titre, il défend un nouveau pacte de confiance entre les agriculteurs et le reste de la société. Un pacte qui ne passe pas, pour autant, par la systématisation de la vidéosurveillance dans les abattoirs. « D’autres problèmes doivent être réglés avant», juge Laurent Pinatel, qui explique les dysfonctionnements par les cadences élevées, la mauvaise formation des salariés, la monotonie du métier.

Le syndicat attend beaucoup de l’abattage mobile comme alternative aux abattoirs industriels. Un premier prototype devrait démarrer bientôt en Côte d’Or pour tuer des bovins. Le porte-parole s’insurge néanmoins contre la « dérive fascisante » d’associations de protection animale comme L214 qui « veulent abolir l’élevage », à travers des « mises en scène délirantes ». Il s’interroge : « Qui finance cette association ? Où trouve-t-elle tout cet argent ? »

La Pac en ligne de mire

La Confédération paysanne revendique une Pac qui prenne en considération l’alimentation dans sa globalité et non seulement l’agriculture. Tout en garantissant un revenu aux paysans, notamment par la régulation de la production agricole et l'instauration d'« un droit au revenu ». Le syndicat veut en finir avec les aides à la surface, pour au contraire mettre l’accent sur les soutiens spécifiques aux secteurs présentant des handicaps naturels, aux petites fermes et pour faire face aux situations de crise.

Dans ses combats à venir, outre l’industrialisation de l’agriculture, la Confédération paysanne liste le dossier du loup, l’explosion des dégâts de gibier, la lutte contre la ratification du Ceta (accord de libre-échange avec le Canada), les problèmes de collecte du lait et la fin des quotas sucriers.

Déçue par Stéphane Le Foll

Pour les mener à bien, elle ne pourra bientôt plus compter sur Stéphane Le Foll, qui va céder sa place de ministre de l’Agriculture après l’élection présidentielle. Elle avoue avoir partagé avec lui « les mêmes constats sur l’agriculture française ». Stéphane Le Foll a néanmoins déçu les représentants de la Confédération paysanne « à l’heure des choix ». Pour Laurent Pinatel, c’est « la casquette de ministre de l’agroalimentaire » qui a alors « primé ». Et d’ajouter : « notre vrai point de désaccord entre Le Foll et nous, c’est qu’il pense que la dualité de l’agriculture est possible, pas nous ». La Confédération paysanne salue néanmoins plusieurs actions positives du ministre de l’Agriculture, concernant la réforme du parcours à l’installation, certaines prises de position sur la Pac ou ses tentatives de régulation du marché du lait à l’échelle européenne.  

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