La Coptasa au top des garanties sanitaires

Patricia OLIVIERI

La coopérative de transhumance du Cantal, qui fête cette année son cinquantenaire, vient de franchir une étape supplémentaire via l’exigence sanitaire d’un statut bovin non IPI.

Unique en son genre, la Coptasa s’est dotée d’un réglement sanitaire salué par le GDS et le vétérinaire du groupe Altitude.

Avec plus de 4 000 bovins accueillis chaque année sur quelque 2 061 ha de montagnes gérés collectivement à l’échelle du département, la Coptasa reste une coopérative unique en son genre dans l’Hexagone, où se sont davantage développées des associations pastorales ou des estives collectives à l’échelle d’une vallée par exemple. Une fierté pour les responsables de la structure cantalienne qui a franchi une nouvelle étape en matière de gestion et garantie sanitaires, en exigeant désormais (à compter de la saison 2013) que l’ensemble des animaux estivants sur ses unités de Pradiers et Récusset soient dépistés et certifiés “BVD non IPI.” “En 2009, on a commencé à se pencher sur l’IBR (NDLR : rhinotrachéite infectieuse bovine) avec l’appui du GDS (groupement de défense sanitaire), retrace Joël Juery, président de la coopérative de transhumance et éleveur à Pierrefort. On savait en effet que cette maladie virale circulait dans le département et des animaux transhumants à la Coptasa redescendaient positifs.” La décision est alors prise de ne plus accepter que des animaux justifiant d’un résultat IBR négatif. “On s’est basé sur la campagne de prophylaxie pour ne pas multiplier les analyses, sachant qu’on a demandé que les bovins de plus d’un an soient aussi concernés”, précise Coralie Montbertrand, en charge du dossier au GDS.

De l’IBR à la BVD

“Ça ne s’est pas fait tout seul, se rappelle Joël Juery. Les éleveurs qui n’étaient pas qualifiés ne voyaient pas forcément l’intérêt de ce règlement sanitaire.” Il faut en effet préciser que l’IBR - qui n’entraîne que peu de conséquences sanitaires - est avant tout considérée comme une maladie commerciale. Rien à voir avec la BVD - diarrhée virale bovine ou maladie des muqueuses - dont des adhérents de la Coptasa ont pu témoigner de l’impact sur la santé des veaux notamment, lors de l’assemblée générale de la coopérative le 14 mars. Il y a trois ans, le choix est donc fait d’imposer un dépistage des bourrettes, doublonnes et taureaux en amont de leur montée en estives et, à compter de 2013 donc, des veaux suite à la détection de deux veaux IPI l’an dernier, qui ont déclaré la maladie lors de leur séjour en estives. Des IPI, veaux infectés permanents immunotolérants, forts excréteurs du virus, que le GDS traque. “En moyenne, on trouve deux à trois veaux ou génisses IPI dans les 150 élevages dépistés positifs, indique Coralie Montbertrand. Non seulement ces animaux n’ont pas de valeur économique, ils ne se développent pas bien, meurent jeunes, mais ils présentent en plus un fort risque de contamination du cheptel dont les défenses immunitaires peuvent être altérées entraînant par exemple des problèmes de reproduction.” Difficilement chiffrable, l’impact économique de la BVD est néanmoins jugé particulièrement élevé. Aussi, pour la représentante du GDS, qui apporte son appui à la coopérative en contrôlant le statut des animaux inscrits par les éleveurs pour estiver(1), la Coptasa “a véritablement pris à bras le corps les enjeux sanitaires”. “Ils ont vraiment bien travaillé”, estime la jeune femme. “Aujourd’hui, la coopérative est blindée au niveau sanitaire”, a confirmé Laurent Laraillet, vétérinaire du groupe Altitude. Certes, ce nouveau règlement entraîne des surcoûts(2) d’analyses mais sans commune mesure avec les frais qu’occasionne une contamination de son cheptel.
(1) Afin de faciliter ce contrôle, il est demandé cette année aux éleveurs de retourner ce listing en amont de la transhumance. (2) Compter 3 € par prise de sang, plus une vingtaine d’euros de vacation du vétérinaire et 37,5 € pour l’analyse des échantillons de sang en mélange de 20 animaux.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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