La désinfection des bâtiments d’élevage. Une action sanitaire à ne pas négliger

Aurélien LEGRAND / Dr Didier GUERIN

La désinfection des bâtiments d’élevage. Une action sanitaire à ne pas négliger

La gestion sanitaire des bâtiments d’élevage  La désinfection des bâtiments d’élevage constitue une étape incontournable dans le contrôle des maladies infectieuses dans son troupeau.

La désinfection des bâtiments d’élevage. Une action sanitaire à ne pas négliger

La désinfection contribue à réduire la pression d’infection exercée sur les animaux par les bactéries, les virus, les moisissures et les parasites présents dans leur environnement. Elle ne se résume pas à la simple application d’un désinfectant, elle est obligatoirement précédée d’un nettoyage approfondi et suivie d’un vide sanitaire. Elle fait partie des mesures sanitaires de base à mettre en place dans tout bâtiment d’élevage ayant présenté une problématique pathologique au cours de la saison hivernale (diarrhées néonatales, omphalites, coccidioses…). Elle est à associer à la lutte contre les insectes et les rongeurs, vecteurs d’agents pathogènes et sources de nuisances pour les animaux et les bâtiments.

Une désinfection à mettre en place après tout épisode pathologique

Certains virus, bactéries ou parasites peuvent survivre plusieurs semaines, plusieurs mois, voire plusieurs années (voir tableau). Leur persistance dans l’environnement des animaux participe à la dynamique de contamination du troupeau. Une désinfection annuelle s’avère alors utile pour limiter la survie de certains agents infectieux d’un hiver à l’autre, afin de diminuer la contamination des animaux. Au delà des contextes obligatoires après un incident sanitaire important, la désinfection sera intégrée, dès la moindre alerte, dans toute politique de prévention régulière.

Les différentes étapes à observer lors d’une désinfection

La désinfection ne s’arrête pas à la simple pulvérisation du désinfectant sur les surfaces, mais fait l’objet d’un procédé méthodique et rigoureux afin d’assurer efficacité et rapidité. Cette action s’effectue en plusieurs étapes :

  • Sortie des animaux.
  • Nettoyage du bâtiment avec un enlèvement le plus complet possible de tous les fumiers et autres matières organiques. Le nettoyage des sols bétonnés avec un lavage haute-pression et le balayage des sols en terre battue sont fortement recommandés.
  • Désinfection (importance du choix du désinfectant pulvérisé).
  • Vide sanitaire. Celui-ci est effectif et ne commence qu’après la désinfection. Il permet de prolonger l’action du désinfectant et surtout d’assécher le sol et le bâtiment. Tant qu’il y a de l’humidité, le microbisme n’est pas encore réduit au minimum et les éléments parasitaires sont infestants. L’assèchement contribue à la réduction du microbisme et du parasitisme. La durée minimale du vide sanitaire doit correspondre au temps nécessaire pour assécher entièrement le bâtiment, soit en moyenne une quinzaine de jours. Cette période sera donc plus longue en saison froide et humide.
  • Réalisation précoce. Les travaux de désinfection seront effectués le plus tôt possible après la mise au pré afin que le vide sanitaire soit le plus long. Les bâtiments profiteront ainsi au maximum de la rémanence d’action des désinfectants et de la désinfection naturelle effectuée par les UV du soleil.

Un choix du désinfectant à raisonner

Afin de choisir le désinfectant adéquat, il sera vérifié son homologation par le Ministère de l’Agriculture. Il sera recherché un large spectre d’activité (bactéricide, fongicide et virucide, voir tableau) tout en présentant une action rapide avec une efficacité suffisante en présence de matières organiques. Les désinfectants spécifiques contre les éléments parasitaires et surtout contre les ookystes de coccidies et de cryptosporidie sont peu nombreux. Après l’interdiction d’utilisation de l’oocide, le Prophyl® 75 a une indication ookystique pour les cryptosporidies. Farago Creuse dispose de ce désinfectant dans sa gamme d’utilisation. En outre, rappelons que la soude caustique ou la chaux vive, pourtant souvent présentées comme désinfectants utilisables, sont à proscrire dans tout bâtiment d’élevage de ruminants car ils entrainent un milieu basique favorable à la multiplication des colibacilles. .

A associer, la désinsectisation…

Certains insectes peuvent être responsables de maladies ou porteurs de germes infectieux (une mouche peut transporter jusqu’à 1 million de bactéries). De plus, ces insectes peuvent être facteurs d’énervement et de pertes de production non négligeables. Les bâtiments d’élevage associant grande densité animale, température et hygrométrie favorables avec abondance de matières organiques, réunissent toutes les conditions adéquates au développement des insectes. La lutte doit être raisonnée et préventive pour être efficace. L’action sera mise en place avant les fortes périodes de reproduction des différents insectes. Ainsi, la lutte contre les mouches s’effectuera par une action au niveau des bâtiments, des abords et des animaux dès la fin du printemps.

…et la dératisation

Les bâtiments d’élevage attirent les rongeurs car ils représentent, à la fois, une source de chaleur et une source de nourriture abondante lorsque les conditions extérieures deviennent difficiles (fin d’automne). Ces rongeurs entraînent des nuisances aux dépens :

  • Des animaux par agitation, stress et par portage de germes pathogènes.
  • Des bâtiments par dégradation de certaines installations.
  • Des aliments stockés par consommation et souillures.

La dératisation est d’abord préventive par des mesures d’hygiène et de propreté qui limitent l’intérêt pour ces animaux à venir s’installer dans l’élevage. Ces mesures préventives sont à associer à un plan de lutte.

La désinfection des bâtiments d’élevage. Une action sanitaire à ne pas négliger

Les appuis techniques et financiers de Farago Creuse et de GDS Creuse

La désinfection des bâtiments agricoles demeure une action délicate et technique, tout comme les opérations de dératisation et de désinsectisation. En conséquence, Farago Creuse, dans son objectif de faciliter la réalisation des missions sanitaires de GDS Creuse, vous propose, d’une part, ses services avec la possibilité de faire effectuer ces interventions par des techniciens agréés et préalablement formés et, d’autre part, un choix de matériel et de produits adaptés apportant des garanties techniques et réglementaires. De plus, dans le but de sensibiliser les éleveurs à l’importance de cette pratique en terme de maîtrise des risques sanitaires, GDS Creuse aide à hauteur de 50% les travaux de désinfection.

La désinfection, un élément de la maîtrise des risques sanitaires trop peu utilisé

La réalisation de la désinfection des bâtiments participe à l’optimisation de la maîtrise des risques sanitaires en élevage. Celle-ci permet de limiter les risques de propagation de certaines maladies. Une désinfection bien menée passe par un choix judicieux de la méthode d’application et d’un désinfectant approprié. Afin d’obtenir des résultats satisfaisants, il est nécessaire de rattacher à cette pratique les travaux de destruction des vecteurs contaminants. Pour tout complément d’information, n’hésitez pas à nous contacter.

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