La filière label, première concernée par la contractualisation

GUILLAUME DE WERBIER

La zone de chalandise de la Covia pour ses produits labels sont la côte Atlantique, de la Rochelle à la Bretagne, les bords de Loire jusqu’à Saumur et la région parisienne.
La zone de chalandise de la Covia pour ses produits labels sont la côte Atlantique, de la Rochelle à la Bretagne, les bords de Loire jusqu’à Saumur et la région parisienne.

La Covia privilégie une contractualisation adaptée à tous les maillons de la filière.

Plus que de contractualisation, Gilles Tatin, directeur de la Covia, aime parler de « fidélisation », « de sécurisation de l’approvisionnement des outils ». La Covia a toujours eu une relation très étroite avec l’abattoir de Challans et, plus particulièrement avec la société Vendée Loire Viande avant que la coop n’en prenne les commandes. « L‘esprit de contractualisation, la notion de filière, ont donc été développés sur la proximité, et toujours dans le souci de contractualiser de façon durable avec, pour condition d’intégrer tous les maillons de la filière, du producteur au distributeur final », explique Gilles Tatin. « Ce dernier doit fidéliser son consommateur sur un produit bien déterminé, avec un prix le plus stable possible. Avec cette logique, on en vient donc rapidement à des animaux allaitants haut de gamme, que ce soit du bœuf ou du veau. »

Garanties de prix

La contractualisation, pour ces deux marchés, se concrétise par des garanties de prix. En bœuf, c’est vrai pour les démarches, Bœuf fermier de Vendée (50 bovins/ semaine), Label rouge blonde d’Aquitaine (10 bovins / semaine), le bœuf limousin Blason prestige, et le parthenay Label rouge. « On a instauré une grille de prix. On gère une plus-value sur l’année. L’objectif est que l’élevage en retire un réel bénéfice, à la condition d’avoir anticipé en qualité, en quantité et en saisonnalité. Suivant les démarches, on est entre 0,20 € et 0,40 € de plus-value. »
Pour la filière veaux (veaux fermiers élevés au lait entier sous cahier des charges Label rouge), l’objectif est de s’appuyer sur des coûts de production et une marge souhaitée par l’éleveur, divisés par un poids de carcasse moyen, opération à partir de laquelle une grille prix est établie. « Nous avons au départ présenté ces grilles aux distributeurs locaux. Et c’est à partir de là qu’est née la démarche en 1998. Aujourd’hui, le produit est suivi de l’élevage jusqu’au distributeur. »
« On a une grille de prix qui est fixe, qui peut durer quelques années si les coûts de production n’évoluent pas », précise le directeur de la Covia. « Par exemple, avant 2008, elle avait duré trois ans. Il y a deux phénomènes sur lesquels on s’appuie pour la modifier : le coût de production d’un élevage et la variation économique au niveau des distributeurs (écart concurrentiel à la vente). En 2010, on a relevé la grille de 0,10 € et de 0,20 € le 1er septembre dernier. Nos éleveurs vendent ce type de produit 8,20 € / kg de carcasse en moyenne. Le veau standard est à peine à 7 €. »
3 000 veaux sont produits par an. « La contractualisation nous permet de vendre le veau avant qu’il soit produit. Aujourd’hui, je sais le nombre de veaux que je vais vendre au mois de mars. »

La Covia en chiffres

La Covia, vingt salariés, est une coopérative de producteurs de bovins basée à Challans (siège social, abattoir, centre d’allotement. Un deuxième centre d’allotement se trouve à Plessé en Loire-Atlantique). Sa zone d’activité se trouve sur le nord-ouest Vendée et, en Loire-Atlantique, sur le secteur à l’Ouest de la route Nantes Rennes.
La coop, présidée par Christian Lucas, compte 350 éleveurs adhérents. Son chiffre d’affaires est de 25 millions d’euros. Elle est gérée par un conseil d’administration de onze éleveurs.
La Covia commercialise 25 000 bovins par an (50 % d’éleveurs laitiers, 50 % d’éleveurs allaitants). Elle travaille 8 000 jeunes bovins par an (80 % JB allaitants), 9 000 vaches et génisses, et 3 000 veaux de boucherie.

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