La FNSEA appelle le législateur à la rescousse contre le "dogme du prix bas"

AFP

La FNSEA appelle le législateur à la rescousse contre le "dogme du prix bas"

La présidente de la FNSEA Christiane Lambert a appelé mercredi le Parlement à l'aider à lutter contre "le dogme du prix bas" dans l'alimentation, qui contribue à la crise de longue date que vit le monde paysan.

"Nous appelons à un sursaut, c'est maintenant qu'il faut mettre les choses à plat", a déclaré Mme Lambert, auditionnée dans le cadre des Etats généraux de l'alimentation par la Commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale, comme l'ensemble des représentants agricoles. "Il faut tenir compte des coûts de production franco-français et, ensuite, en confiance, retisser et reconstruire des prix en marche avant, entre les producteurs et les industriels, puis entre les industriels et les distributeurs, et convaincre les consommateurs que payer un ou deux centimes de plus sa tranche de jambon ou son litre de lait, c'est pérenniser des exploitations", a déclaré Mme Lambert, prenant l'exemple du producteur de lait "C'est qui le patron", une voie "qu'on pourrait développer".

Mardi, le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert "a dit que beaucoup de choses dépendaient du consommateur", a-t-elle souligné: "oui c'est vrai, mais il y a aussi beaucoup de choses qui dépendent du législateur", a-t-elle ajouté devant les élus de toutes sensibilités venus écouter et questionner le monde agricole.

Désignant en creux la grande distribution comme principale responsable de la crise aigüe de l'agriculture, Mme Lambert a appelé les parlementaires à légiférer pour revoir à la fois l'encadrement des promotions en grande surface, le seuil de revente à perte (SRP), les prix minimums, et les clauses de renégociation des contrats qui "ne sont pas appliquées". "Dans notre pays, pour la formation du prix, depuis de nombreuses années, le dogme du prix bas prévaut", a déploré Mme Lambert, qui affirme que, "loi après loi sur l'amélioration des relations commerciales, nous avons fait le constat qu'il y a eu toujours une déflation importante et un écrasement des prix".

Selon elle, l'Observatoire des prix et des marges a chiffré à 1 milliard d'euros la valeur détruite sur la dernière année: "c'est un milliard de moins dans l'industrie agro-alimentaire, un milliard de moins qui remonte dans les exploitations agricoles", a alerté Mme Lambert, pour qui "bon nombre de producteurs aujourd'hui vendent leurs produits en dessous de leur coûts de production", une situation qui conduit à une accélération des cessations d'activité.

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Commentaires 10

adada

je ne comprends pas le dogme des prix bas, l industrialisation l integration c'est la consequnece de la politique fnsea

@alain89

comme disait l'edito de charlie hebdo les argciulteurs sont des communistes comme les autres.
tu as totalement raison sur la ruche , la ruche c'est uber , qq riches investisseurs , des magres sans aucune contrainte de production , de stockage de distribution et presque sans salarié sauf la gestion creation du site , et des tacherons a la vente qui se debrouille par gagner quelquechose
c'est ca le progres le retour des tacherons

le rêveur

Combat perdu d'avance, l'association de producteurs à l’échelle de la France n'est pas autorisé par l’Europe mais les hypercentales d'achat au niveau de l’Europe ne pause pas de problème

alain89

le piège de la nouvelle pensée qui veut s'imposer, le locavore, mouvement issu de San Fransico en 2006, la junkfood, omniprésence américaine. Derrière l'idée du local qui plait car elle est une réponse défensive au ravage de la mondialisation se cache une supercherie. Par exemple "la ruche qui dit oui" se prend 16 % de marge sur le prix vendu par le producteur, c'est très juteux pour faire vivre un site informatique de marketing, finalement ma coop ,mon négoce dont je fustige les marges sont des amateurs car ces opérateurs même s'ils nous semblent gourmand doivent "travailler" le grain . L'autre supercherie c'est que ses locavores veulent que l'agriculteur travaille encore plus qu'il soit paysan et épicier, paysan et boucher.

alain89

5 cents d'euro de blé payé au producteur dans une baguette de pain de 250 grammes vendue 0.9-1 euro auquel s'ajoute 0.038€ d'aide européenne.
nous sommes les "cocus" de la mondialisation, de la financiarisation de l'économie, marchés à terme; c'est autour des agriculteurs après les ouvriers du secteur industriel, commence à venir le tour du petit fonctionnaire dans une France où la classe moyenne disparait où 60% de la population est paupérisé; mais l'idéologie "bobos" dominante réclame du bio, milite pour des repas scolaires "bio"; mais tous ces ingrats n'imaginent plus le nombre de gens en quête d'une promotion sur le poulet pour faciliter la fin de mois . l'abîme se creuse et le paysan comme l'ouvrier sont des travailleurs pauvres

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