La FNSEA et les JA manifestent le 11 décembre à Nantes

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Comme le 16 janvier dernier les agriculteurs manifesteront sous les fenêtres de la Dreal pour contester le 5e programme de la Directive nitrates.
Comme le 16 janvier dernier les agriculteurs manifesteront sous les fenêtres de la Dreal pour contester le 5e programme de la Directive nitrates.

Programme nitrates : stop à la surenchère !

A l’issue de plusieurs mois d’argumentation sur le prochain programme d’actions nitrates, la profession fait un constat décevant : les propositions de l’administration restent inacceptables. Sans établir un bilan précis du précédent programme, et alors que les mesures ont déjà été renforcées au niveau national, la Draaf et la Dreal prévoient de nouvelles contraintes lour-des de conséquences sur les pratiques de fertilisation et le stockage des effluents. Les FDSEA et JA de la région ont donc décidé de manifester leur refus de ce matraquage réglementaire le 11 décembre après-midi à Nantes, en marge de la prochaine réunion de concertation avec l’administration. Toutes les productions sont concernées.

Charles Guerlais, responsable production biologique JA 44 et agriculteur en future ZAR

En agriculture biologique, les effluents d’élevage sont essentiels à la fertilisation des cultures. Avec les nouvelles périodes d’interdiction, nous nous retrouvons dans une impasse pour les cultures implantées à l’automne, avec des conséquences sur la qualité des productions et le rendement bien évidemment. Et en tant que JA, comment planifier son installation quand les réglementations changent aussi rapidement ? On ne peut avoir une vision à long terme. Avec tous les aménagements exigés, bâtiments, ouvrages de stockage, les exploitations vont être financièrement difficiles à reprendre, sans être sûr qu’elle sera toujours aux normes après seulement quelques années d’installation. Les PDE seront trop souvent remis en cause. De plus, pour ceux qui ont la malchance d’avoir des terres incluses dans les zones d’action renforcée, cela va devenir un vrai casse-tête et un flicage total des pratiques. Autant nous dire tout de suite de quitter ces territoires et de les boiser pour être tranquille !

Vincent Février, responsable du dossier directive nitrates À la FNSEA 44

L’administration française renforce les mesures sans même faire le bilan des efforts accomplis depuis des décennies. Les nouveaux objectifs sont fixés au bout de quelques années seulement de programmation, ce qui est totalement déconnecté du temps de réponse du milieu. Il faut donc toujours faire mieux que mieux en pressant la profession agricole de restrictions en tout genre, facilement contrôlables et pénalisables au besoin. Les mises aux normes sont à peine terminées que les éleveurs vont devoir revoir leurs ouvrages de stockage pour ajouter 1 ou 1,5 mois de plus. Les épandages vont se concentrer au printemps comme il y a 30 ans et la priorité sera de vider les fosses. Le principe d’équilibre de la fertilisation ne sera effectif que sur les plans de fumure qu’on saura rendre compatibles à la réglementation. A vouloir faire toujours plus exigeant, sans prendre en compte les contraintes agronomiques et économiques des exploitations agricoles, on obtient l’effet inverse et la démotivation générale.

Christophe Sablé, responsable section laitiÈre À la FNSEA 44

La production laitière est mise en difficulté avec la hausse des valeurs de rejet d’azote par vache. Sans modification sur l’exploitation, on peut se retrouver à dépasser le seuil réglementaire de 170 kg d’azote organique par ha de SAU, et cela d’autant que les animaux passent plus de temps en extérieur. Nous devrions garder nos animaux plus longtemps en bâtiment mais nous sommes de plus en plus contraints sur les épandages. On marche sur la tête !

Frédéric Bossard, responsable section porcine À la FNSEA 44

Comme pour la volaille, les restrictions d’épandage à l’automne des lisiers vont nous obliger à revoir nos ouvrages de stockage et nos contrats d’épandage. La valorisation sur céréales en cours de culture demande des investissements conséquents qui s’ajouteront à ceux réalisés pour les fosses. La filière sort tout juste des mises aux normes bien-être. Trop c’est trop !

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