La Foire de Montigny gagne en notoriété

Estelle DAUPHIN

Malgré un temps incertain, les inconditionnels étaient au rendez-vous. Le nombre d'élevages augmente en charolais et ardennais et s'étend aux départements voisins, signe que la manifestation gagne en notoriété au sein du monde agricole. La présence remarquée du ministre Luc CHATEL lors de la remise des prix a été appréciée par tous.

Montigny monte en gamme

Le président de la Fédération des éleveurs du Bassigny, Michel ANDRE, est satisfait de la manifestation sur le plan agricole et félicite les éleveurs de la bonne tenue de leurs animaux et du niveau de qualité des spécimens présentés. En revanche, les conditions climatiques ont infléchi la fréqentation de la manifestation et les commercants ont ressenti une certaine morosité de la part des visteurs. Parallèlement, le budget sécurité augment d'année en année, déplore le Président, qui ne pourra pas indemniser les éleveurs participants sur les mêmes bases que l'année précédentes.

A l'écoute des revendications syndicales

La présence du Ministre a été l'occasion pour les représentants syndicaux FDSEA et JA d'exprimer leurs attentes par rapport aux dossiers en cours, et notamment de dénoncer la perte que subissent une centaine d'éleveurs mixtes sur le département en raison de l'application « aveugle » de la réglementation sur l'ICHN qui exclut les laitiers ne disposant pas de primes vaches allaitantes. Primes qui leur avaient été refusées en raison de leur activité laitière. Dominique Thiébaut, de la DDT, explique que les renforcements des paramètres du logiciel ISIS ne permettent plus aucune flexibilité dans l'attribution des aides. « On est doublement pénalisés ! » plaide Michel Galton.
Lors de la remise de prix, certains éleveurs ont également glissé un mot au Ministre sur les difficultés actuelles des filières lait et viande. Le porte-parole du Gouvernement, attentif, a pris note.

Mérite agricole

Monsieur Guy Gautheron s'est vu remettre de la main du sénateur Charles Guéné, la médaille de Chevalier de l'Ordre du Mérite Agricole. Aujourd'hui à la retraite, il a achevé sa carrière comme employé à la laiterie de la ferme des Antes au lycée agricole de Chamarandes - Choignes après avoir été agriculteur en Haute-Saône durant une vingtaine d'années. Il figure , présentant des spécimens de la race limousine du lycée, aux cotés de son successeur.

Agriculture toujours

Cette année, ce sont les éleveurs bovins qui ont assuré le spectacle. Eleveurs de simmentals et de charolais se sont donc donnés la main pour animer un tableau vivant du monde rural de l'entre-deux guerres. Le champ de foire s'est transformé en un tour de main en un décor agrémenté d'objets anciens et ponctué de figures emblématiques : agriculteurs, forgerons, maquignons, lavandières, postier, maréchaussée, instituteur et curé... Une présentation sous la direction de Michel André, avec des clins d' oeuil du scénariste sur l'agriculture d'aujourd'hui. En effet, qui aurait cru en effet qu'il faudrait un jour le baccalauréat pour être agriculteur, que les femmes ne tireraient plus les vaches et que les robots les remplaceraient ? Le tout déclamé par trois orateurs, avec la rugosité de l'accent d'antan. Un spectacle inter-générationnel remplit d'humour, symbolisant la continuité entre l'agriculture d'hier et d'aujourd'hui, qui a réjoui la vue et les oreilles des spectateurs.
Bravo aux talentueux acteurs.

La chenille redémarre

La concession John Deere est aux premières loges de la manifestation et présente chaque année des nouveautés. Ci-dessus, un tracteur à chenille de trois cents chevaux de la série R, adapté aux terrains accidentés.

Savoir-faire d'hier et d'aujourd'hui

Au stand des chevaux, on pouvait assister à une curieuse naissance. Deux manivelles, quatre crochets, le tout relié par un savant entre-las de ficelles qui se jouxtent mais ne se croisent jamais. Quand tout est en place, quelques tours de manivelle bien sentis de madame Paillard, et la corde naît, robuste, pour rendre des années durant de multiples services à ses auteurs. A l'aide d'un poinçon, cet ancien éleveur de chevaux effectue les gestes ancestraux qui transformeront à son tour la corde en un licol.

Source Avenir Agricole

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