La France agricole crie son ras-le-bol des normes et des contraintes

Source Facebook FNSEA Auvergne

Les agriculteurs, qui se sentent incompris et accablés par les contrôles et les réglementations, ont crié leur ras-le bol mercredi dans tout le pays, avec plus de 35.000 agriculteurs mobilisés selon la FNSEA, "du jamais-vu depuis des années".

Le syndicat majoritaire FNSEA et les Jeunes Agriculteurs avaient appelé dès septembre à cette mobilisation, rejoints ensuite par les Chambres d'agriculture. Entre-temps, le barrage de Sivens a ravivé l'exaspération, les agriculteurs de la FNSEA défendant un projet légitime selon eux et destiné à irriguer des terres agricoles. Après la mort d'un militant écologiste sur le site, les responsables syndicaux avaient appelé toutefois à défiler dans le calme, aucun débordement ne pouvant être admis dans ce contexte.

Fumier sur un local des Verts

Mercredi en fin d'après-midi, la FNSEA dénombrait 92 actions et 36.500 agriculteurs dans les rues sur fond de slogans sans équivoque: "Lâchez-nous la grappe", "400.000 normes... combien de paysans demain?", "Laissez-nous travailler".

Sur Twitter, son président Xavier Beulin saluait une mobilisation "jamais vue depuis des années" et des actions réalisées "dans le respect et la dignité".

 

Un avis que ne partageaient pas les Verts, à commencer par Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale d'EELV, qui regrettait sur Twitter que "les barons de la mal-bouffe déversent leur fumier sur la France".

A Toulouse, le local EELV a été recouvert de fumier. Au Mans ou à Moulins, les esprits se sont échauffés en fin de manifestations, les forces de l'ordre faisant l'usage de gaz lacrymogène. Et dans de nombreuses villes, les agriculteurs ont laissé sur leur passage des tonnes de fumiers, pneus et autres denrées agricoles.

A Nantes, ils ont lâché des ragondins vers la préfecture et jeté des animaux morts (des ragondins et un sanglier) sur des tas de fumier, purin, lisier, poireaux...

'Pas de visibilité'

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"Les paysans sont victimes d'une crise économique et d'une crise réglementaire, mais sont surtout en plein doute identitaire avec aucune visibilité sur leur avenir", a expliqué à Châlons-en-Champagne Thierry Huet, président de la FNSEA Champagne-Ardenne.

"Nous subissons depuis deux ans un empilement de taxes sur le travail et de normes fiscales, sociales et environnementales qui finissent par menacer nos métiers", a estimé Pascal Ferat, qui préside le Syndicat général des vignerons (SGV) de Champagne et qui manifestait exceptionnellement pour l'occasion.

A Dijon, le président des JA de Bourgogne, Samuel Legrand, a prévenu: cette manifestation "est la dernière sommation" et "s'il faut bloquer le pays, on le fera".

En cause surtout et avant tout les contraintes de respect de l'environnement, à commencer par la directive nitrates (dérivés des engrais azotés). Cet été, cette directive a fait basculer près de 4.000 communes et 63.000 exploitations dans l'illégalité, en imposant aux exploitants des investissements parfois coûteux pour limiter la pollution des eaux et une éventuelle prolifération d'algues vertes.

Patriotisme alimentaire

 Autre revendication: le patriotisme alimentaire. Les deux syndicats réclament que deux plats sur trois soient confectionnés avec des produits français dans les cantines publiques.

 De nombreuses actions sont allées dans ce sens, comme dans le Nord où des agriculteurs ont visité des cuisines de sociétés fournissant des cantines publiques. "On a pu vérifier qu'ils avaient une grande quantité de produits étrangers dans leur frigo", a regretté Eric Taisne, de la FNSEA du Nord

 Reprenant les termes de M. Beulin, le Premier ministre Manuel Valls a reconnu que la crise dans les campagnes était "économique, sociale, mais aussi morale". Devant les députés, il a annoncé le lancement d'une mission pour simplifier les contrôles sur la Politique agricole commune (PAC), environnementaux et sanitaires.

Dès mardi, pour apaiser les tensions, la ministre de l'Écologie, Ségolène Royal, avait promis d'appliquer la directive nitrates au plus près, en évitant des contraintes injustifiées.

Depuis septembre, le gouvernement a multiplié les gages: l'écotaxe a été enterrée et le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, a fait verser fin octobre par anticipation 3,4 milliards d'euros d'aides de la Politique agricole commune (PAC). Mardi, il annonçait la publication d'un guide pour favoriser l'achat de produits alimentaires français dans les marchés publics.

La Confédération paysanne a elle raillé une manifestation "pour le droit à polluer en paix". Selon ce syndicat minoritaire, "la colère est véritable, profonde, justifiée", mais il faudrait "s'en prendre aux vrais responsables". Le Front national, qui prône une renationalisation des aides de Bruxelles, a lui apporté son soutien aux manifestants.

Source AFP

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Commentaires 4

dob

20T/ha, j'en sais rien si c'est beaucoup ou non...
Ça dépend de quel fumier, sur quelle culture, l'état du sol, la pluviométrie, les précédents de fertilisation, etc...
C'est trop compliqué de bien faire son boulot ?

nian

cscn12,si EELV sont des djiadistes verts on peut dire aussi qu'à la confé se sont des hayatolats,d'ailleurs ils sont souvent barbus!...

cscn12

la confé ferait mieux de se taire!! en quoi epandre 20tonnes de fumier par hectare est polluant?? et je passe sur EELV qui soutient des terroristes qui vont manifester pacifiquement avec des coktel molotof

pietin 113

Du jamais vu...depuis l'APLI en 2009,jamais égalée depuis...

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