La guerre aux prix bas est déclarée

M. Brut - L’Auvergne agricole

Manifestation des producteurs de lait dans une GMS d’Issoire afin de contester les prix d’achat du lait.

Mercredi 2 novembre, les éleveurs laitiers auvergnats ont “stické” leur mécontentement sur et à l’intérieur des locaux d’une grande enseigne d’Issoire. Avec cette opération, ils entendent dénoncer auprès du grand public l’écart entre le prix d’achat aux producteurs et le prix de vente aux consommateurs. Deux entreprises agroalimentaires de la région sont particulièrement visées, ces dernières ne respectant plus les recommandations interprofessionnelles du Criel sur le paiement du prix du lait, basées notamment sur les cours européens. Alors que ces derniers se portent bien, les éleveurs en contrat avec le Glac et Dischamp subissent encore des prix peu rémunérateurs. En région Auvergne, le Criel (interprofession) estime ainsi que le prix moyen payé aux producteurs laitiers sur l’année doit être de 322 euros /1 000 litres. Les laiteries Glac et Dischamp paient en dessous, soit entre 315 euros et 317 euros / 1 000 litres, ce qui représente une perte annuelle d’environ 2 100 euros. Pour Pascal Servier, président de la FDPL Puy-de-Dôme, “il ne faut pas laisser cette situation perdurer. C’est une boîte de Pandore qui est en train de s’ouvrir. Il faut agir ensemble pour la refermer et éviter la propagation aux autres entreprises laitières”.

La guerre aux prix bas est déclarée

Branle-bas de combat !

Pour exprimer leur colère, les éleveurs sont munis d’étiquettes jaunes et oranges portant les inscriptions : “Des prix justes et équitables.” Elles représentent pour les producteurs un énième coup de poing sur la table. Yannick Fialip, président de la section régionale laitière du Massif central, Pascal Servier et Chantal Cor, présidente de la section laitière de la FDSEA du Cantal, portent la voix des producteurs. Les bouteilles de lait, le beurre et le fromage vendus par le Glac et Dischamp sont estampillés “produit non équitables pour les éleveurs laitiers”. “Nous vendons notre lait entier de montagne 0,33 euros le litre au Glac. Dans les rayons, il est à 1,05 E. Quand on demande aux laiteries de respecter la recommandation de prix, elles nous répondent qu’il leur est impossible de vendre plus cher aux GMS. À qui cela profite ?”, interroge Yannick Fialip. Une question qu’il compte bien poser au directeur du magasin. Ce dernier vient d’ailleurs à la rencontre de la trentaine de  producteurs, et, après plusieurs minutes de discussion, promet de transmettre à la section régionale laitière les factures d’achat de lait et de fromages aux deux laiteries.

Une guerre persistante

Depuis 2009, date à laquelle un nouvel accord interprofessionnel a été signé, les opérations de ce type ne sont pas rares. Cet accord prévoit une publication d’indicateurs nationaux, s’appuyant sur l’évolution du marché intérieur, des marchés industriels et des prix payés en Allemagne (critère de compétitivité). Malgré plusieurs contestations, des entreprises laitières semblent rester indifférentes. “C’est le cas du Glac  et Dischamp qui font supporter leurs difficultés de trésorerie aux éleveurs. Quand nous leur demandons d’augmenter le prix d’achat, ils nous répondent qu’ils ne peuvent pas vendre plus cher aux GMS. Nous ne comprenons pas cette situation ! Les cours des marchés sont en hausse, ce qui devrait avoir un impact sur notre prix mais ce n’est pas le cas. Pourtant, pour les consommateurs, le prix continue d’augmenter ! En 2009, nous avons fait des efforts pendant la crise. Aujourd’hui, c’est à eux d’en faire !”, s’exclame Yannick Fialip. À l’heure du bilan de la manifestation, les éleveurs espèrent avoir été entendus. “Si rien ne bouge, nous recommencerons ! Nous nous ferons entendre”, prévient Chantal Cor. Les éleveurs laitiers espèrent néanmoins qu’un accord avec les deux laiteries sera trouvé rapidement.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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