La Normande sans quota : même pas peur

T.Guillemot

La Normande sans quota : même pas peur
La Normande : une race soutenue financièrement par le Conseil général devenu Conseil départemental a souligné Denys Lerévérend et prête à relever le défi de l'agrandissement. “Rester en race Normande, c'est une sécurité pour demain” - © F. Mechekour

“L'agrandissement des troupeaux, la Normande s'y adaptera”. A l'occasion de l'assemblée générale de l'association des éleveurs bovins de race Normande du Calvados, Denys Leréverend, son président, s'est montré confiant pour l'avenir de la race dans l'après-quota à condition de ne pas oublier les fondamentaux comme sa qualité morphologique et sa mixité.

FNPL :Jean Turmel secrétaire général adjoint
Thierry Roquefeuil a été réélu, le 7 avril, à la présidence de la Fédération Nationale des Producteurs de Lait  (FNPL) pour un mandat de trois ans. Thierry Roquefeuil est producteur de lait sur une exploitation de100 hectares (500 000 litres) dans le Lot. Il est également président de l'interprofession laitière (Cniel) et vice-président du groupe lait du Copa. Au secrétariat général de la FNPL, André Bonnard, producteur de lait en Gaec de six associés dans la Loire, succède à Marie-Thérèse Bonneau. Productrice de lait en Vendée, Marie-Thérèse Bonneau a été élue vice-présidente, en charge de l'international. Le nouveau bureau de la FNPL est complété par deux secrétaires généraux adjoints : Pascal Clément de la Sarthe et Jean Turmel du Calvados, un trésorier : Daniel Perrin de Meurthe-et-Moselle, quatre vice-présidents : Michel Lacoste du Cantal, Martial Marguet du Doubs, Denis Ramspacher du Bas-Rhin et Bruno Verkest du Loiret ainsi que d'autres membres sans responsabilité particulière : Gilles Durlin du Pas-de-Calais, Manuel Gavelle de l'Eure, Serge Le Doaré du Finistère et Marie-Andrée Luherne du Morbihan.

Bonne participation lors del'assemblée générale de l'association des éleveurs de bovins de race Normande qui s'est tenue en deux temps, le 8 avril dernier, à Pont-Farcy. Avant la visite de l'élevage Houssin, les participants ont évoqué la réforme de la PAC et l'après-quota laitiers avec l'éclairage de Michel Lafont, responsable Economie et Prospective à la CRAN (Chambre Régionale d'Agriculture de Normandie).
Atouts Normandie et Normande
Avec une bonne ambiance lait, la présence en région de tous les groupes laitiers français et une position géographique avantageuse, la Normandie dispose d'atouts indéniables pour répondre à une demande mondiale qui restera forte. Des volumes supplémentaires destinés à l'export seront à produire demain dans un contexte de variabilité plus forte des coûts de revient et du prix de vente du lait.
Autre analyse développée par Michel Lafont : “une demande sociétale forte et parfois paradoxale où la Normande à une carte à jouer”. Autrement dit, la race Normande conjugue l'économique (grâce notamment à sa mixité) avec le sympathique à travers une image “terroir laitier”.
Cette mixité, il ne faut surtout pas la perdre a insisté Denys Lerévérend. “Il faut conserver les qualités morphologiques des animaux et être vigilants au niveau des aplombs. Nous avons besoin de femelles qui vieillissent”. Une façon d'inviter les éleveurs à utiliser un peu moins certains taureaux pénalisants sur ces critères.
6 825 kg en standard
Au 31 décembre 2014, la proportion de vaches de race Normande de l'étable calvadosienne s'affichait à 25 % contre 26 % en 2013 (29 % en 2010) dont 13 434 vaches inscrites au Contrôle laitier. Après un trou d'air en 2013, le niveau de lactation standard repart à la hausse pour atteindre 6 825 kg (+ 296 kg/2013). C'est plus de 500 kg de plus que la moyenne nationale.
Si du côté des défenseurs de la race, on évoque une stabilité dans la baisse du nombre de vaches, on se veut aussi conquérant. Public particulièrement visé : les 140 troupeaux mixtes du département que l'on aimerait passer au révélateur SIMUNOR.
Un outil qui permet de simuler l'impact économique d'un changement de la proportion de Normande dans un troupeau laitier (le calcul se base sur 50 critères) et apparemment trop peu vulgarisé dans les cursus de formations agricoles.
Cible également à privilégier : les futurs retraités où l'on doit maintenir la sélection génétique, notamment à travers les accouplements, jusqu'à la fin.
Autre sujet évoqué par Denys Lérévérend : les schémas de sélection qui vont passer de deux à trois. “Il faut l'accepter et surtout ne pas se mettre de bâtons dans les roues. J'espère qu'il n'y aura pas de conflits demain et que chacun pourra avoir accès aux meilleurs taureaux de chaque entreprise”. Si les éleveurs semblent satisfaits d'une offre plus abondante à terme, un bémol cependant. “Réfléchissez à une race qui fait 300 000 IA avec 3 schémas”, a-t-on fait remarquer du côté d'un acteur historique.

Source l'Agriculteur Normand

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