Là où elle passe, la prairie trépasse

Catherine Perrot

La chambre d’agriculture, représentée par plusieurs élus, dont le président, Jacques Lemaitre, le vice-président, Alain Bernier, le secrétaire général, Christophe Sablé, les secrétaires généraux adjoints, Paul Charriau et Christophe Labour, souhaite que la lutte contre la jussie s’intensifie : elle l’a exprimé devant les élus et responsables locaux.
La chambre d’agriculture, représentée par plusieurs élus, dont le président, Jacques Lemaitre, le vice-président, Alain Bernier, le secrétaire général, Christophe Sablé, les secrétaires généraux adjoints, Paul Charriau et Christophe Labour, souhaite que la lutte contre la jussie s’intensifie : elle l’a exprimé devant les élus et responsables locaux.

La chambre d’agriculture vient d’organiser une réunion des acteurs du marais de Brière sur un site d’expérimentation de lutte contre la jussie. Elle voudrait que les actions contre cette plante invasive soient à la hauteur du risque, à savoir la mort du marais.

Désormais présente dans tous les marais de Loire-Atlantique, non seulement dans les canaux, mais aussi sur les prairies humides, la jussie gagne du terrain à chaque saison, laissant les éleveurs de plus en plus désemparés.
En mai 2013, la chambre d’agriculture avait organisé une rencontre sur le marais de la Mare-aux-plies, en Brière, pour échanger avec les agriculteurs, les élus du territoire et les associations, sur le problème de la colonisation du milieu par la jussie. Un pacte local (1) avait alors été engagé : l’une de ses actions consistait en un essai d’épandage de sel sur des prairies infestées.
C’est précisément sur le site de cette expérimentation, menée cet été par la chambre d’agriculture et la FDGDON, que, le 22 septembre dernier, les élus du bureau de la chambre, le président Jacques Lemaitre en tête, ont de nouveau convié leurs partenaires, services de l’État, collectivités locales, Parc naturel régional de Brière, Syndicat du Bassin versant du Brivet et les associations d’agriculteurs impliquées (GAB 44 et Lagrene).
Les tout premiers résultats de l’expérimentation montrent qu’effectivement, le sel a une action toxique sur la jussie aux plus fortes doses appliquées (1 kg/m2), chose que l’on pouvait déjà prévoir, puisque la jussie ne provoque pas de dégâts dans les marais salés, et qu’en outre, un agriculteur, avait lui-même réalisé quelques petits essais assez concluants dans ses parcelles.
Toutefois, quelques semaines seulement après avoir été brûlée par le sel, la jussie repousse déjà dans les parcelles expérimentales : se pose alors la question de la pertinence de cette méthode, ou en tous cas de son efficacité, seule. Peut-être faudrait-il la réaliser à stade plus sensible de la plante ? La répéter ? La faire après une fauche ? Des chantiers d’une telle ampleur seraient-ils techniquement réalisables ?

Une invasion généralisée

En outre, si cette méthode pourrait éventuellement s’appliquer à des marais en contact avec de l’eau saumâtre, en la faisant pénétrer dans le marais (2), elle ne pourrait sans doute pas être mise en œuvre ailleurs ! Or, comme l’a souligné Jacques Lemaitre, le problème de la jussie se pose dans tous les marais du département !
Les élus de la chambre souhaiteraient qu’une solution plus efficace puisse être mise en œuvre : avant 2006, le parc naturel de Brière avait commencé à conduire des essais de lutte chimique contre la jussie, essais stoppés suite à l’adoption de la Loi sur l’eau et de son interdiction formelle de l’emploi de pesticides en zone de marais. « La loi sur l’eau est en train de tuer le marais », s’énerve Alain Bernier. Le président Jacques Lemaitre plaide aussi pour qu’une molécule puisse être trouvée (et donc cherchée !) pour lutter contre cette plante invasive, qui risque de « tuer le marais car il ne sera plus exploité ».
À la suite de cette réunion technique, les nécessités de « mettre tous les acteurs d’accord », les nécessités de « réunion de concertation » ont été rappelées. Des concepts qui, désormais, énervent un peu les agriculteurs, qui voudraient un peu plus d’action, à la hauteur du péril (et les financements allant de pair !) : « Tout le monde s’attend, on n’avance pas ! » regrette Jacques Lemaitre.
L’une des clés de la lutte contre la jussie serait sans doute de l’attaquer par plusieurs fronts : comme l’a rappelé Jean-Paul Juin, président de Lagrène (Association des agriculteurs de la région nazairienne), « la plante est polymorphe, il n’y aura pas une seule méthode contre elle, mais plusieurs ! ». La prévention est également très importante : à l’approche de l’hiver, il faudra vite travailler sur les niveaux d’eau et mettre en place des barrages filtrants dans le marais pour ralentir la dissémination de ce fléau.

(1) Ce pacte est déjà engagé mais devrait faire bientôt l’objet d’une signature officielle avec l’État.
(2) En dehors des essais « scientifiques » réalisés avec épandage de saumure, d’autres tests sont actuellement en cours dans lesquels on laisse de l’eau salée pénétrer dans le marais.
La dose d’1 kg/m2 correspond à environ 3 cm d’eau de mer.

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