La PAC au cœur des débats

Delphine Barel

Rapport d’activités de l’année et approbation des budgets ont aussi été à l’ordre du jour de la session chambre.
Rapport d’activités de l’année et approbation des budgets ont aussi été à l’ordre du jour de la session chambre.

La session chambre d’agriculture a été l’occasion d’échanger sur la réforme de la PAC : ses enjeux pour l’agriculture départementale et pour les entreprises agricoles.

La chambre d’agriculture de Loire-Atlantique a tenu sa dernière session de l’année ce lundi 16 décembre. À la veille des an­nonces du ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, la réforme de la PAC, qui rentrera en vigueur au 1er janvier 2015, fut au cœur des débats, après le rapport d’activités de l’année et l’approbation des budgets.
La France, par la voix de son Président, avait fait le choix le 2 octobre dernier de préserver l’emploi et l’élevage, une de ses priorités. Même si tout n’est pas encore acté, pour les élus à la chambre, la prise en compte de l’emploi ne se ré­sume seulement qu’à la transparence Gaec, qui est liée au nombre de parts PAC et non au nombre d’exploitants. « Le choix de la redistribution des aides sur les 52 premiers hectares rentre une certaine proportionnalité des actifs sauf que les EARL en sont exclues, ce qui est regrettable », déplore Alain Bernier, vice-président de la chambre et président de la FNSEA 44.

L’élevage : oui, mais…

Ensuite sur l’élevage, les interrogations sont nombreuses, surtout dans l’ouest de la France. « La réforme de la PAC est favorable à des élevages plus extensifs, mais globalement par rapport à l’élevage, la nouvelle PAC sera plus défavorable », explique Christophe Sablé, secrétaire général de la cham­bre d’agriculture de Loire-Atlantique. « L’élevage de l’ouest de la France va être pénalisé par rapport à l’est de la France. » Selon, les premières estimations des cham­bres d’agriculture, les éleveurs de l’ouest devraient perdre en moyenne 10 % de leurs aides.
L’inquiétude dans les exploitations est aussi partagée au sein des filières, au regard notamment des investissements réalisés. « La filière engraissement va être fortement touchée par cette réforme. On risque d’aller vers une baisse certaine de l’engraissement, ce qui pose derrière la question des emplois et de la pérennité des filières, c’est une inquiétude pour les acteurs des filières », poursuit Mickaël Trichet, vice-président de la cham­bre d’agriculture, en charge du comité de pilotage viande. « Nous ne savons pas encore comment sera déclinée l’aide à l’engraissement, mais si on veut que la filière rebondisse et que les naisseurs et engraisseurs créent des partenariats, il faudra que cette aide aille sur la notion de contractualisation. »
Autre point, pour certains élus, la part du verdissement (30 % des aides du premier pilier) est beaucoup trop importante. « Les exploitations agricoles ont aujourd’hui fait des efforts dans leurs pratiques, par conséquent il aurait été plus logique d’allouer ce montant pour la modernisation des bâtiments d’élevage », explique Alain Bernier, considérant que la nouvelle aide verdissement risque de fragiliser les outils et l’emploi.

Restructuration

« Le rôle de la chambre d’agriculture dans ses arbitrages est de proposer des choix aux agriculteurs. La réforme de la PAC aura certes des conséquences pour les exploitations et pour les entreprises agricoles du département, pour autant, il ne faut pas se focaliser que sur cette politique. Un travail est à mener sur l’organisation des filières et sur leur restructuration pour continuer à être compétitif sur les marchés. Il y a d’autres combats à mener au­jourd’hui, dont celui de la valorisation de produits », insiste Jacques Le­maitre, président de la cham­bre d’agriculture de Loire-Atlantique.

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