La patate “made in France”

Mélodie Brut

Le conseil d’administration de l’Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT) a tenu un séminaire en Auvergne.

La France est le deuxième producteur de pommes de terre de l’Union européenne, après l’Allemagne. Une situation favorable ; néanmoins, elle n’est pas suffisante aux yeux des producteurs. Réunis pour un séminaire dans les locaux de Jardin de Limagne, à Aigueperse dans le Puy-de-Dôme, le conseil d’administration de l’UNPT a longuement discuté de cette concurrence outre-Rhin. “Nous avons besoin de nous retrouver en dehors des contingences parisiennes pour discuter et tracer quelques lignes directrices. Plusieurs dossiers ont été évoqués, notamment notre implication dans le FMSE (Fonds de mutualisation sanitaire etenvironnementale). Néanmoins, notre principal sujet de discussion reste la compétitivité. Nous sommes encore le leader européen sur l’export de pommes de terre, mais l’Allemagne nous rattrape dangereusement”, explique Patrick Trillon, producteur puydômois et président de l’UNPT.

Les administrateurs ont découvert l’Auvergne et son terroir ainsi que l’organisation de sa “petite” production de pommes de terre.

Pomme de terre française

En dix ans, la production a progressé au même titre que les surfaces par agriculteur qui ont, désormais, atteint une moyenne de 25 ha. Comme pour l’ensemble du secteur agricole, les surfaces augmentent mais le nombre de producteurs diminue. Dans la filière de la pomme de terre, il en va de même et peu à peu apparaissent des secteurs de productions de plus en plus spécialisés. Ainsi, dans le nord de la France, en Picardie et en Cham-pagne, beaucoup d’agriculteurs cultivent la pomme de terre à l’image d’Antoine Peenaert, secrétaire général à l’UNPT. Il produit, chaque année, 25 à 30 ha de pommes de terre en plus des céréales, des betteraves sucrières, des haricots et bien d’autres. Le tubercule a toujours été présent sur l’exploitation et ce, depuis plusieurs générations. “Il y a toujours eu de la pomme de terre dans notre ferme. Cette culture apporte une valeur ajoutée importante malgré la technicité qu’elle demande. Dans ma région, son coût de revient est de 150 €/tonne. En 2012, nous avons connu une très bonne année puisque la tonne s’est vendue 300 €. En revanche, en 2011, le prix n’est pas monté plus haut que 50 €/tonne !” Une fluctuation des prix que les adhérents de l’UNPT veulent stabiliser à travers la contractualisation.

Baisse de production en Auvergne

Un cheval de bataille difficile à mettre en place car dans le secteur du maraîchage, les volumes sont hétérogènes. Ainsi, 4 000 producteurs français produisent 80 % de la production nationale alors qu’ils sont plus de 8 000 à être recensés (avec des surfaces de plus de 2 ha). Bien que la France reste leader de la production de pommes de terre, l’Auvergne, en revanche, voit ce métier régresser. Les pommes de terre cultivées dans la région sont destinées uniquement à la vente en frais et sur des marchés locaux. Aujourd’hui, un peu moins de 300 ha sont consacrés à cette culture. “Nous avons des sols lourds et un climat de moyenne montagne qui ne facilitent pas la production de la pomme de terre. Plus que nos collègues du Nord, nous avons besoin de valoriser ce produit. Depuis 1993, les patatiers d’Auvergne vendent leur production en mettant en avant le terroir. Malheureusement, il est encore difficile de couvrir les coûts de production”, explique Patrick Trillon. Par conséquent, les producteurs auvergnats, à la différence de leurs collègues d’autres régions, ne se spécialisent pas dans la culture de la pomme de terre. Pourtant, le président affirme que la demande du consommateur en pomme de terre augmente dans la région. L’entreprise Jardin de Limagne vend 85 % de ses volumes aux GMS et le reste à des grossistes. Grâce à cette structure locale, les producteurs réunis peuvent vendre leurs productions à des prix attractifs.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

Droits de reproduction et de diffusion réservés.

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier