La race aubrac : En pleine expansion nationale

Christian FOURNIER

La race est en expansion. L'AG de L'Union aubrac, vendredi 7 août à Pierrefort, l'a prouvée.

Le cheptel aubrac continue sa progression de 4 % par an en nombre de vaches mères : 145 000 en France dont 39 000 contrôlées au Herd book. Le nombre d'adhérents à l'Union aubrac aussi, avec 620 éleveurs inscrits. La taille des troupeaux augmente. “La facilité d'élevage, de mode de conduite, une race peu exigeante aussi bien en temps de travail qu'en alimentation, expliquent ceci. En outre, l'activité de naisseur nécessite pour le revenu une bonne taille de cheptel”, analyse Jacques Renou, directeur de l'Union aubrac qui travaille à cette expansion via la génétique avec son équipe, Pierre Arsac et Élodie Reversat. Des résultats salués par le président Peyrac qui a enjoint les éleveurs présents, 200 environ, ainsi que “les techniciens et administrateurs, à continuer de porter notre belle race aubrac vers les sommets, afin que nous puissions tous vivre dignement de notre métier d'éleveur”.

L'insémination artificielle progresse

La monte naturelle reste le moyen numéro 1 de fécondation des aubracs, et le taux d'insémination progresse à 13 %, un tiers en croisement charolais, deux tiers en race pure. Tous les taureaux utilisés en race pure proviennent de la station d'évaluation de Saint-Chély où sont contrôlés chaque année 130 mâles : “Les trois ou quatre meilleurs sont sélectionnés pour l'insémination. C'est une très forte sélection pour obtenir le meilleur de la génétique qui présente deux intérêts majeurs : le progrès génétique pour tous, sélectionneurs ou pas, et aussi la diffusion ciblée sur de très bonnes vaches pour procréer des reproducteurs supérieurs à la moyenne parentale”, expliquait Jacques Renou. Le gène culard, lui, est en chute. “Hypertrophie musculaire, intéressante pour les engraisseurs à court terme commercialement, il véhicule cependant des anomalies : problèmes cardiaques, de mise bas, préjudiciables à moyen terme”. Depuis huit ans, l'Union aubrac a pris la décision d'éviter son expansion, mais les éleveurs ont accéléré les choses. “L'éradication de ce gène nous conduirait sans problème à renforcer la sélection sur le développement musculaire”. Une séance au cours de laquelle François Menissier (Inra) évoquait l'intérêt de la génomique ; Daniel Miquel, l'activité du GIE qui donne satisfaction et Élodie Reversat, le programme Menconai. Objectif : mesurer le tour de poitrine de l'animal à la naissance pour en déduire son poids effectif, ce qui simplifierait le travail des éleveurs. Les résultats sont attendus. Quant à Bernard Bibé, il s'est penché sur le gène “sans corne”.

 

Cornes ou pas ?

Des bêtes sans cornes diminuent les risques d'accident, surtout avec l'augmentation des tailles de cheptel. C'est aussi très demandé à l'étranger où déjà, nombre de bêtes sont sans cornes. La demande existe, alors pourquoi laisser le marché à d'autres pays européens si on est capable de le faire ? C'est la question qui se pose aujourd'hui aux éleveurs dont l'avenir passera aussi par la génomique : “C'est un nouvel outil de sélection. Utilisée chez les trois grandes races laitières, en allaitant, c'est pour dans trois à quatre ans”, estime Jacques Renou.
Une génomique qui ne va pas remplacer la sélection génétique classique, mais qui est complémentaire. “Cela permettra, après une simple prise de sang et lecture de l'ADN, d'éliminer rapidement de jeunes animaux qui s'avèreraient décevants et donc un gain de temps”. Une génomique qui “permettra aussi de faire des progrès sur les critères faiblement héritables comme la résistance aux maladies, la fécondité ou l'aptitude à l'allaitement”. L'Union aubrac a donc pris la décision de s'y engager et de prélever le sang de tous les taureaux inscrits au Herd book, une mesure qui s'appliquera aussi aux nouveaux entrants pour constituer une banque d'ADN.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source union du cantal

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