La rentabilité des méthaniseurs mise en doute

Anne Sophie LESAGE

La rentabilité des méthaniseurs mise en doute

L’Association des Agriculteurs Méthaniseurs de France (AAMF) tire la sonnette d’alarme quant à la rentabilité des installations d’unités de méthanisation en France.

Aujourd’hui, installer un méthaniseur est le plus gros investissement que peut réaliser un agriculteur sur son exploitation et pourtant ce n’est pas le plus rentable, d’après l’AAMF. L’association compte une centaine d’adhérents dont la moitié sont des « pionniers » ; c’est à dire des agriculteurs méthaniseurs ayant installé leur unité il y a plus de 3 ans. C’est en s’appuyant sur leur expérience et leurs chiffres recueillis que l’association a réalisé une étude économique de la rentabilité des unités de méthanisation.

Des coûts sous-estimés

Premier constat, les coûts de production et de maintenance sont sensiblement supérieurs aux coûts prévisionnels. Qui plus est, les grosses réparations prévues normalement la septième année arrivent plutôt au bout de 3 ou 4 ans. Celles-ci ponctionnent aux alentours de 10.000 €. A cela, il faut ajouter des coûts de main d’œuvre souvent imprévus par l’exploitant. Autant de coûts non anticipés, qui pèsent sur le bénéfice que devrait réaliser les exploitations. D’ailleurs rare sont celles qui dégagent un résultat net avant impôt positif.

Face à ces constats, l’AAMF demande une réactualisation de l’accès aux primes ;  (prime aux effluents d’élevage et prime de chaleur) afin de permettre une meilleure rémunération, ainsi que la mise en place d’un statut concret pour le digestat, ce qui en facilitera l’épandage. Enfin, l’association préconise l’installation d’une filière française d’équipement pour faire baisser les coûts de réparation.

Retrouvez notre reportage sur l'installation d'une unité de méthanisation tourné en juin : 

 

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Commentaires 4

lachevrevache

tout ce qui est alternative à l'électricité nucléaire est bon à prendre immédiatement. Ce sera de toutes façons plus rentable que d' assumer les conséquences d'un accident nucléaire, maintenant qu'on sait qu'il est tout à fait possible, en France comme au Japon, me^me pour ceux qui ne voulaient pas le savoir au début. Allons y, et gaiement! On aurait dû le faire avant le nucléaire dans les années 70; nous on le proposait déjà à l'époque! Et certains l'avaient déjà chez eux dés après la guerre, pour leur consommation personnelle. En Afrique on commence à le faire à toute petite échelle familiale, simplement pour la cuisine, au lieu d'aller ramasser du bois...

geo

A travers cet exemple, on voit clairement la logique qui prédomine aujourd'hui. On cherche de multiples subventions et on voudrait une rentabilité immédiate. Rappelons quand même qu'une fois le contrat signé et les démarches administratives effectuées, l'agriculteur ne fait plus grand chose. Il vérifie simplement sur un écran que son outil fonctionne. A ce titre, je trouverais anormal qu'il perde de l'argent mais je trouve normal qu'il n'en gagne pas beaucoup. Les avantages sont plus à rechercher en terme de souplesse de travail et de mise aux normes vis-à-vis des zones vulnérables par exemple. C'est un peu le même exemple quand un salarié met des panneaux sur le toit de sa maison. Il semble logique que son revenu principal reste, de très loin, son activité salariée.

ah bon

j'ai pourtant lu dans un article de presse agri + une video , de 2 agris faisant les malins je cite : 300 000 mille euros de subvention , chiffre d'affaire assuré pdt 15ans , rentable en 8 ans , et apres 2 heures de travail par jour pour 60 000 euros de rente annuelle , effectivement ce n'est pas rentable...ils ont meme dit qu'ils allaient en refaire un autre tellemùent ca rapporte

dob

ça ressemble à du lobbying...
Pas rentable les premières années, mais surement plus une fois amortis les composants qui n'ont pas besoin de renouvellement.
Comme beaucoup de systèmes d'exploitation modernes, c'est une logique de capitalisation.

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