La sécheresse en Aveyron : Pourquoi la profession s'organise

Eva DZ

La FDSEA et les JA ont organisé une réunion dans toutes les communes du département, ce mercredi en soirée, afin de faire un premier recensement des besoins en paille. Dominique Fayel, président de la FDSEA, explique les raisons de cette mobilisation.

Dans quelle situation se trouve le département ?

Dominique Fayel : La faible pluviométrie des dernières semaines, nulle dans certaines zones de l'Aveyron, les températures élevées et le fort vent nous laissent présager des difficultés en matière de récolte du fourrage. Déjà les premières récoltes d'ensilage et d'enrubannage sont estimées à 50% de moins que les récoltes habituelles. La paille de nos céréales semble fortement compromise. Quelle que soit la météo des prochaines semaines, à ce stade les dégâts sont déjà présents dans bon nombre de secteurs. La sécheresse nous touche à court terme sachant que ce qui a été coupé ne repousse pas et à moyen terme avec des restrictions d'eau à prévoir très prochainement.

Quelle est la position de la FDSEA ?

D. Fayel : Nous avons choisi de prendre les devants, d'anticiper pour mieux nous organiser par la suite. C'est pourquoi nous avons d'ores et déjà invité nos syndicats locaux à se réunir pour établir une première évaluation des besoins potentiels auprès des éleveurs. Une réunion était ainsi organisée ce mercredi soir dans toutes les communes.

Pourquoi ce travail en amont ?

D. Fayel : Lors de l'importante sécheresse en 2003, les récoltes de paille étaient déjà réalisées lorsque nous avons contacté les départements plus céréaliers. Cette fois-ci nous voulons travailler plus en amont pour qu'il se broye le moins possible de paille.

Avez-vous déjà contacté d'autres départements pour envisager avec eux justement la possibilité de soustraire la paille du broyage ?

D. Fayel : En effet, parallèlement à l'organisation de ces réunions pour évaluer les besoins, avec les JA nous avons pris contact avec une vingtaine de départements producteurs de céréales. L'objectif n'est pas de venir en substitution des approvisionnements habituels mais d'en être complémentaire. Cette démarche est à l'image de celle initiée par la FNSEA.

Quelles vont être les suites à donner ?

D. Fayel : Nous allons synthétisé les retours de nos réunions communales. Puis rapprocher ces esquisses des besoins des volumes que voudront bien nous mettre à disposition les départements céréaliers. Si les besoins viennent à se confirmer, la FDSEA et les JA coordonneront et assureront la mise en relation entre les départements en capacité de fournir et les éleveurs du département. Le pressage et le transport relèveraient le plus possible de l'initiative locale. Cette anticipation doit aussi permettre de mieux organiser les acheminements de paille et ainsi de ne pas être obligés de travailler dans l'urgence pour aller chercher de la paille à l'autre bout de la France. La question du transport est primordiale et doit être réfléchie. D'autant que les départements du nord sont eux aussi touchés par cette sécheresse.L'organisation et l'anticipation doivent être de mise. Parce que la paille est indispensable dans la ration des ruminants».

Source La Volonté Paysanne

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier