Lactalis : Prix et gestion de volumes différenciés contre politique uniformisée

P. Olivieri

Le syndicat des producteurs de lait de la Châtaigneraie livrant à Lactalis était réuni à Maurs le 21 décembre. L'occasion de constater des divergences profondes avec le géant industriel.

Inconciliables : c'est le verdict qu'on était une nouvelle fois en droit de poser mardi 21 décembre à Maurs à l'issue de l'assemblée générale des producteurs de lait de la Châtaigneraie livrant à Lactalis (section Achat lait Sud). Entre un responsable des approvisionnements, Serge Molly, porte-parole et promoteur de la politique uniforme prônée par le leader français du marché du lait, et des producteurs du Sud-Cantal partisans d'un prix et d'une gestion des volumes différenciés, le dialogue a bien eu lieu mais sans que les points de vue ne se rejoignent. “L'entreprise Lactalis a la volonté de pratiquer un prix du lait moyennisé et de maîtriser la production laitière au niveau du territoire national”, a exposé Serge Molly. De fait, l'industriel a décidé de plafonner ses allocations de fin de campagne à 2 % contre les 3,5 % permis par les récentes décisions ministérielles. Une position qui a inévitablement fait réagir dans la salle : “Lactalis est la seule entreprise dans le département qui reste à 2 %”, a fustigé un producteur. “Les entreprises dont vous parlez auront effectivement la possibilité théorique de faire des prêts de 7 %, sauf que cela va s'accompagner d'un prix différencié avec ce surplus de lait valorisé au prix beurre/poudre”, a rétorqué le cadre de Lactalis. Un argumentaire que ne pouvait laisser passer Claude Bonnet, président du syndicat, qui, tout en partageant le diagnostic national de Lactalis, considère que l'entreprise annihile la dynamique des producteurs du Sud-Ouest. “Quand on voit notre niveau de sous-réalisation, ça aurait été un acte important de rester au même seuil que les autres pour ces allocations. Les gens qui vont vers les prêts de fin de campagne impulsent une dynamique, c'est assez grave d'y mettre un coup d'arrêt”, déplorait le président. Un prêt de 5 % à l'échelle du Sud-Ouest n'ayant selon lui que peu d'impact sur la production hexagonale.

Double pénalité

Chantal Cor (FDSEA) évoquait elle une double peine infligée de la sorte par Lactalis aux producteurs cantaliens et du Sud de la Loire : celle des volumes et celle du prix via une flexibilité supportée par des régions, comme l'Auvergne, en sous-réalisation chronique. “Votre politique unique défavorise nos régions en nous mettant en compétition avec des producteurs qui ont d'autres conditions de production”. Serge Molly persistait lui à croire qu'in fine, “le prix moyennisé aura un impact plus favorable”. Confirmant, au-delà de la seule question de prêts de quotas, une divergence profonde d'ambition et de politique avec les orientations défendues par la profession cantalienne et laissant augurer des débats sans doute intenses à l'occasion de la formalisation des contrats (voir ci-contre). En attendant, c'est sur une note plus positive que s'est poursuivie la réunion à travers les projections sur le prix du lait de janvier 2011. En effet, les signaux sont plutôt favorables tant du côté de la demande (notamment asiatique) que de la production (avec une Nouvelle-Zélande confrontée à une nouvelle sécheresse). Ce qui pourrait conduire à un + 29 euros/ 1 000 litres à appliquer à la grille interprofessionnelle régionale qui devait être débattue le lendemain. Une hausse conditionnée par ailleurs à l'issue des négociations commerciales avec la grande distribution.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source L'Union du Cantal

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