Lactalis va prendre le pouvoir chez Parmalat

d'après AFP

Le groupe laitier français Lactalis doit prendre mardi le contrôle de Parmalat lors de l'assemblée du groupe italien afin de donner naissance au numéro un mondial du lait, épilogue d'une offensive de plusieurs mois.

Le groupe de la famille Besnier n'aura pas à attendre la fin de son offre publique d'achat : détenant déjà près de 29% du capital, il sera en mesure de prendre le pouvoir au sein du conseil d'administration de Parmalat qui sera renouvelé lors de cette assemblée générale qui se tient à Parme, siège du groupe.

Le capital de Parmalat est très éclaté entre de nombreux fonds d'investissement et Lactalis devrait pouvoir conquérir 9 sièges sur 11 au sein du conseil, selon une source proche du dossier. Deux postes reviendront aux actionnaires minoritaires.

En mettant la main sur Parmalat, redressé depuis sa faillite retentissante en 2003, Lactalis entend devenir le premier groupe mondial du secteur laitier avec un chiffre d'affaires annuel d'environ 14 milliards d'euros.

Le choix de Lactalis pour le poste de directeur général de Parmalat - en remplacement d'Enrico Bondi - n'a pas encore été arrêté mais la présidence devrait en revanche revenir à Franco Tato, ancien patron du groupe d'énergie Enel.


Les Italiens jettent l'éponge

Le feuilleton Lactalis-Parmalat a démarré le 17 mars. Le groupe français annonce alors détenir environ 11% de l'italien, prenant tout le monde par surprise et déclenchant une vague de patriotisme économique dans la Péninsule. Il grappillera d'autres actions les jours suivants.

Coutumier des passages en force, Lactalis rachète ensuite le 22 mars 15,3% supplémentaires à des fonds étrangers, parvenant ainsi à près de 29%, une part qui lui suffit pour prendre de facto le contrôle de Parmalat.

Mais Rome ne l'entend pas ainsi et permet à Parmalat de repousser son assemblée générale, initialement prévue en avril, à la fin du mois de juin, afin de donner le temps à des banques et à la Caisse des dépôts, contrôlée par l'État, de mettre sur pied une alliance italienne pour contrer Lactalis.

Face à cette levée de boucliers, Lactalis finit par sortir l'arme de l'OPA le 26 avril, jour d'un sommet franco-italien à Rome, obligeant les Italiens à jeter l'éponge.


Publié par d'après AFP

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