Lactalis-Wälchli : “zéro respect” pour les producteurs

UAR (L'Union Agricole et Rurale) 15 .

Vendredi 12 août, les producteurs de lait AOP saint-nectaire ont manifesté au rond-point de Condat à l’appel de la FDSEA et les JA du Cantal.

Vendredi 12 août à Condat, FDSEA et JA ont organisé une action pour dénoncer l’attitude de Lactalis vis-à-vis des producteurs de la zone AOP.

Il y a quatre ans, Franck Golliard a embrassé la carrière de producteur de lait en s’installant en Gaec avec son frère à Saint-Bonnet-de-Condat, en zone AOP saint-nectaire. Il n’avait que 20 ans, mais c’était son chemin, sa passion. “Je baignais dedans depuis que j’étais petit, j’étais prêt à m’investir corps et âme”, confie le jeune homme. Ce vendredi 12 août à l’appel de la FDSEA et des JA du Cantal, il distribue des tracts aux automobilistes au rond-point de Condat. Depuis deux ans, Lactalis ne respecte plus l’accord interprofessionnel sur le prix du lait AOP.

Il manque 100 € pour vivre

“Le prix de base est de 253 € et ma dernière fiche de paye indique 285 € la tonne, prime AOP incluse. Il nous faudrait 100 € de plus pour vivre !, poursuit l’éleveur. Il y a deux ans, nous avons investi dans un nouveau bâtiment et dans la mise aux normes des anciens. On se retrouve endettés jusqu’au cou, on ne peut plus faire machine arrière. Il y a des jours, c’est vraiment difficile, Lactalis nous dégoûte presque de faire notre métier.” Joël Piganiol, secrétaire général de la FDSEA du Cantal dénonce l’attitude “déplorable” de Lactalis, premier opérateur français et acteur majeur à l’international. “Le fait que Lactalis refuse de payer 340 € la tonne pénalise les producteurs de lait qui ne s’en sortent plus et met en péril l’accord interprofessionnel sur l’AOP saint-nectaire, explique- t-il. L’industriel invoque une mauvaise valorisation à l’export mais nous ne pouvons l’entendre : les producteurs de lait ne doivent pas être des variables d’ajustement.” En organisant cette action au niveau des trois cantons de la zone AOP (Allanche, Riom et Condat), les syndicats veulent faire passer deux messages. “Le premier va à l’entreprise qui ne respecte rien, ni les producteurs de lait, ni l’État, fustige Joël Piganiol. Le second s’adresse au grand public : nous expliquons pourquoi nous sommes présents et nous leur demandons de boycotter les produits Lactalis.” Un mot d’ordre qui se généralise partout en France, selon la FDSEA et les JA. “Les industriels sont des voleurs, accuse Laurent Loubeyre, producteur à Saint-Saturnin. C’est une honte de voir que le lait AOP est payé moins cher que le lait breton !”

Lactalis “méprise les producteurs”

“Je livre Lactalis depuis les années 80 et je ne m’en sors plus, se désole Jean-Pierre Serre, un producteur de la zone. Pour vivre, je suis aussi marchand de bois de chauffage.” “Donner le lait à ce prix-là, ce n’est pas possible, renchérit Michel Verdier, éleveur allaitant à Marcenat et solidaire des producteurs de lait. Si on continue comme ça, d’ici cinq ans, il ne restera plus grand monde !” Plus que la colère, c’est aussi la détresse qui prédomine et le sentiment de n’être pas considérés : Lactalis méprise ses producteurs de lait, dénonce le tract syndical. “Nous réclamons un rendez-vous depuis le mois de juin, que nous n’avons toujours pas obtenu, souligne Nicolas Cussac, président de la section laitière de la FDSEA. Aujour-d’hui cette action est bon enfant, mais si dans les jours qui viennent, aucun responsable n’accepte de nous rencontrer, la pression va monter…”

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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