Laissez-nous produire français pour manger français !

FRSEALR

Non ! Les paysans ne sont pas des salauds ! Ils en ont ras le bol et descendront dans la rue pour le dire. Le 5 novembre, les FDSEA et Jeunes Agriculteurs des départements du Languedoc-Roussillon se mobilisent, à l’appel de la FNSEA et de JA.

« Salauds ! ». Ce mot peut choquer. Mais il ne sera jamais aussi fort que le sentiment d’injustice et de remise en cause que ressent une grande majorité d’agriculteurs. Trop souvent incompris, montrés du doigt, ou jetés en pâtures, tantôt traités de pollueurs abreuvés de subventions, etc… Les adjectifs négatifs pleuvent, et se font de plus en plus blessants.

Derrière chaque agriculteur, il y a des familles, des hommes, des femmes, des enfants : des humains tout simplement. Les critiques permanentes touchent, et font des ravages. Dans les campagnes, le regard du voisin se fait méfiant, et les enfants d’agriculteurs à l’école ne sont pas épargnés par leurs camarades.

Croulant sous les contraintes et critiqués dans l’exercice de leurs métiers, obligés de se justifier sur tout, les paysans français sont atteints dans leur fierté, et n’en peuvent plus ! On les contrôle plus que n’importe quel délinquant. Il suffit de parler à un paysan pour savoir à quel point son sentiment d’être surveillé et épié est pesant.

Au-delà de ce « climat » de plus en plus difficile à supporter, les agriculteurs subissent des crises dont les amplitudes et les fréquences n’ont jamais été aussi importantes.

Entre renforcement des contraintes réglementaires, fiscales, sociales, environnementales, surtransposition des normes, embargo russe, distorsion de concurrence, incidents climatiques à répétition, les agriculteurs ont le sentiment d’avoir atteint une limite dans l’exercice de leur métier.

Depuis de nombreux mois, la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs alertent le gouvernement et les responsables politiques. Les représentants de l’ensemble des territoires, de toutes les productions, ont fait remonter leurs cahiers de doléances : besoin de compétitivité, de modernisation, d’investissement, de simplification, besoin de reconnaissance...

Quelques réponses ont été apportées par le Gouvernement. Mais trop souvent, nous en sommes restés au stade des intentions.
Les agriculteurs ont le sentiment de ne pas être entendus, de ne pas être reconnus pour leur activité de production, et leur rôle envers le territoire et l’économie. Aujourd’hui, il est urgent de passer des paroles aux actes !

Face à cette situation génératrice de tensions, la FNSEA et les Jeunes agriculteurs ont rencontré Manuel Valls au début du mois d’octobre. Ils ont présenté au Premier ministre huit points durs sur lesquels la profession attend des solutions.
Le 5 novembre, dans le cadre d’une action d’ampleur nationale à l’appel de la FNSEA et des JA, les FDSEA et Jeunes Agriculteurs se mobiliseront dans tous les départements du Languedoc-Roussillon pour exprimer leur ras le bol et demander ces réponses.

La FNSEA et les JA n’ont eu de cesse de se positionner en un syndicalisme de solutions, un syndicalisme responsable. Mais cette posture est exigeante : elle impose, de la part du Gouvernement des réponses concrètes, claires et applicables immédiatement.
Les 8 points durs de revendications portés auprès du premier Ministre

1- L’Union européenne doit assurer la réparation économique des conséquences de l’embargo, sur d’autres fonds que ceux de la Pac ;

2- Deux plats sur trois d’origine française dans la restauration hors domicile. Les engagements pris par les GMS et l’État doivent être tenus : concrétiser les contrôles et les sanctions annoncées ;

3- Refus de toutes hausses de taxes : énergie, phytosanitaires, eau ;

4- Alléger les normes et les charges qui pèsent sur le travail, supprimer les cotisations « famille et maladie », les compenser par une TVA sociale et abandonner l’application du compte pénibilité à l’agriculture ;

5- Versement anticipé des aides Pac au 16 octobre pour tous et accompagnement des trésoreries des exploitations, augmentation des enveloppes de prise en charge des cotisations sociales. Précision : versement anticipé effectué ;

6- Non au blocage des dossiers installations à partir du 1er janvier 2015 ;

7- Une année blanche sur les contrôles verdissement-Pac, au vu des retards pris dans la définition des règles par l’Administration. Des Maec accessibles et applicables ;

8- Du bon sens en matière environnementale : permettre un entretien efficace des cours d’eau, refus du zonage Directive Nitrates tel qu’il est annoncé).

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier