Lait de chèvre : Menaces de baisse du prix pour 2010

Alexandre CAYRAC

C'est l'actualité de la filière qui occupait tous les esprits, jeudi dernier lors de la journée technique annuelle organisée par la Fédération Régionale des syndicats caprins de Midi-Pyrénées à Monteils (Aveyron). Les industriels annoncent déjà une baisse du prix du lait pour 2010. La Fédération Nationale des Eleveurs de Chèvres (FNEC) refuse catégoriquement et s'en explique.

Alors que la filière caprine est en plein développement en France et en particulier en Aveyron depuis un peu plus de 5 ans, l'année 2010 pourrait marquer un coup d'arrêt.
«Les premières discussions que nous avons eues avec les 7 ou 8 industriels de la filière font état d'une volonté de baisse du prix pour l'année 2010» rapporte Jacky Salingardes, le président aveyronnais de la FNEC. Certaines laiteries voudraient même voir cette baisse atteindre les 50 euros par 1000 litres. «Inacceptable» pour le président des chevriers.

Encore 100 millions de litres de lait importés

Jacky Salingardes réfute un à un les arguments des industriels. «La consommation de fromages de chèvre a encore augmenté de 6,5% cette année en France» explique le président. Pas de crise de la demande donc pour la filière caprine. «Pour répondre à ce besoin de lait, les industriels ont certes moins importé cette année (-10%) mais c'est encore 100 millions de litres de lait qui sont venus de Hollande ou d'Espagne, alors que l'on ne me parle pas de surproduction» souligne-t-il.
Seule tendance négative pour les entreprises : une baisse des exportations de 20%, «mais qui ne représente que 15 millions de litres» rappelle Jacky Salingardes. Pour lui «c'est aux entreprises de s'adapter, nous ne serons pas la variable d'ajustement».

«La tête à peine sortie de l'eau»

«Nous venons de signer avec toutes les entreprises un plan de pérennisation de la filière intitulé «Bien vivre du lait de chèvre». L'un des objectifs de ce plan est d'assurer un bon revenu aux producteurs : aujourd'hui, s'il y a une baisse du prix du lait, ce plan sera totalement remis en cause par les industriels» accuse Jacky Salingardes. Pour le président de la FNEC, si le prix baisse de 50 euros/ 1 000 litres, c'est la moitié du revenu des éleveurs qui disparaîtrait.
«Nous avons depuis quelques années des jeunes qui s'installent car ils portent un vrai intérêt à une production viable. Ils ont investi et on va maintenant leur couper l'herbe sous les pieds ?» s'étonne Jacky Salingardes. Et d'ajouter «nous avons tout juste sorti la tête de l'eau, et l'on veut maintenant nous l'y replonger».
La prochaine réunion entre producteurs et industriels doit se dérouler jeudi 29 octobre. «Nous allons déjà discuter de ne pas toucher au prix du premier trimestre 2010, pour la suite il y aura de nouvelles discussions» annonce le président de la FNEC. Cela fait au moins 8 ans que les producteurs de lait de chèvres n'avaient pas bataillé pour éviter une baisse de leur prix, aujourd'hui, ils sont «tous unis pour faire front» assure Jacky Salingardes.

Source La Volonté Paysanne

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