Lait : L'État appelé à la rescousse pour faire appliquer l'accord sur les AOP

P. OLIVIERI

Vendredi, FDSEA et JA ont mobilisé leurs troupes devant la préfecture pour demander à l'État de peser de tout son poids dans les négociations sur la plus-value AOP.

À moins de 15 jours d'intervalle, la filière laitière cantalienne a été secouée par deux coups de semonce, dont elle se serait bien passée. Deux coups portés par les entreprises d'aval que n'entendaient pas laisser passer les militants FDSEA et Jeunes agriculteurs rassemblés vendredi en début d'après-midi devant la préfecture. Premier coup de boutoir, le 11 mars. Après une nouvelle, et troisième réunion, en ce début 2010, les représentants des producteurs s'émeuvent de la marche arrière des entreprises de l'aval des filières des AOP d'Auvergne avec lesquelles un accord avait pourtant été scellé un an auparavant. Un accord qui instaurait pour la première fois un mécanisme de plus-value pour le lait transformé en AOP d'Auvergne, mais aussi le principe d'indicateurs de marché permettant une actualisation annuelle de ce montant.

Pas si loin des 70 euros

“Les entreprises ne veulent pas aller plus loin que les 30 euros de 2009 alors que selon les index prévus dans l'accord de l'an dernier, ça devrait être beaucoup plus élevé compte tenu du prix de vente des produits AOP”, exposait Patrick Escure aux manifestants. Selon le président de la FDSEA, le niveau de vente des fromages AOP auvergnats permettrait même une valorisation proche des 70 euros pour 1 000 litres, soit l'objectif vers lequel producteurs, transformateurs et affineurs ont accepté de converger au plus tard au 1er janvier 2015. “Nous sommes là pour demander à l'État de faire appliquer l'accord qu'il a lui-même co-signé”, enchaînait Chantal Cor, présidente de la section laitière de la FDSEA. Et son cadet des JA, Cédric Viallemonteil, de prévenir : “Quand on s'installe, on en prend plein le dos. Le seul moyen de dégager un revenu, c'est l'AOC. Si ça continue, on est prêt à passer à l'action, mais pas des actions comme celle-là !” Même s'ils ont souhaité bien distinguer les deux sujets, les syndicats sont également revenus sur l'attitude des industriels laitiers au plan national (voir ci-dessous). “On a senti un préfet engagé sur ce dossier avec la volonté de faire aboutir un nouvel accord pour la plus-value 2010, indiquait Jean-François Navarro (JA) à l'issue de l'entrevue avec Paul Mourier. Il est d'accord pour redémarrer les discussions le 6 avril en partant des calculs résultant des indicateurs de marché”. En attendant, les responsables syndicaux devaient rencontrer dans la foulée les élus du Département “pour qu'ils fassent pression sur les industriels”. Rendez-vous dans une semaine…
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source L'Union du Cantal

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