Lait : Les producteurs cherchent au Conseil général un appui politique

R. Saint-André

la fin de la dernière session du Conseil général, les élus ont écouté les éleveurs laitiers inscrits dans une démarche AOP, bien mal récompensés de leur engagement.

“Les entreprises pillent le territoire”. Tout le département a vu fleurir les affiches des producteurs de lait de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs qui stigmatisent les laiteries coopératives et industriels qui ne respectent pas les accords liés à la rémunération de l'AOP. Vendredi, ces affiches étaient collées sur les bâtiments du Conseil général. Mais c'est surtout une explication de texte à laquelle les élus ont eu droit, à l'issue de la session qui les réunissaient.

“Nos limites sont atteintes”

Au nom de l'ensemble des manifestants, Patrick Escure, président de la FDSEA, prenait la parole pour demander aux conseillers généraux de soutenir les agriculteurs qui “se sentent trop seuls dans ce combat légitime”. Légitime car un accord a été signé entre les producteurs, les entreprises et l'État représenté par le préfet de Région en 2009, comme l'a rappelé le porte-parole. Les indicateurs permettaient d'escompter 70 euros supplémentaires aux 1 000 litres au titre de la CVO. À ce jour, on est loin du compte : on leur propose zéro pour 2010 et 36 euros pour 2011. Le président de la FDSEA rappelle aux élus que de nombreuses entreprises de transformation implantées dans le Cantal ont leur siège social loin du département. Et que cette plus-value qui n'est pas équitablement distribuée profite à des investissements extérieurs. “Si les producteurs percevaient leur dû, cet argent serait réinjecté dans l'économie locale”, plaident les producteurs auprès des élus du territoire. “On veut une prise de position publique de l'ensemble des élus, face à la politique conduite par les entreprises”, poursuivent-ils en appelant à la défense d'un patrimoine commun. “Car si l'AOP n'est pas suffisamment valorisé, les producteurs seront nombreux à jeter l'éponge, à produire un lait standard... Mais contrairement à une appellation d'origine, ce type de production peut être facilement délocalisée. Dans ce cas, les producteurs disparaissent totalement et les entreprises déménagent. C'est toute l'économie d'un département qui s'effondre”, démontre un Patrick Escure particulièrement grave.

 

Un engagement unanime

Le président de l'Assemblée départementale promet de “prendre contact avec les grands témoins de la signature de l'accord”. Conscient qu'il peut exercer une pression pour faire bouger les choses, il stipule cependant que les élus peuvent exprimer un avis, mais pas parapher ou biffer le document. Cette “force de pression” sera unanime. Les élus d'opposition, par la voix d'Alain Calmette, entendent se rallier à la Majorité départementale pour défendre la cause des agriculteurs. À l'issue de cette rencontre impromptue, le président du Conseil général, Vincent Descoeur, a reconnu que l'AOP était une vraie chance pour le territoire. Et que si l'État avait eu un temps un rôle de facilitateur de négociations, il convenait aujourd'hui de “le resolliciter pour qu'il pèse de tout son poids, pour éviter une issue qui soit fatale aux producteurs de lait”.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
Droits de reproduction et de diffusion réservés.

Source L'Union du Cantal

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier