Lait : Les producteurs Picto-Charentais se préparent à 2015

Elisabeth Hersand

Un mois après l'accord qui avait fait retomber la pression au sein de la filière lait, les producteurs laitiers du bassin Charentes Poitou sont encore loin d'être sortis d'affaire.

« Nous avons tout un travail de fond à engager dans notre bassin laitier de Charentes Poitou » lance Christophe Limoges. Le responsable de la section bovin lait de la FRSEA a débuté le débat bovin lait qui se tenait mardi dernier à l'Agropole par une note d'intention, suite à l'accord interprofessionnel signé le 18 août dernier.
Une soirée co-organisée par la Fdsea et les Jeunes Agriculteurs de la Vienne, à laquelle près de 80 agriculteurs, administrateurs de coopératives, banquiers et autres représentants de services de l'État en région ont participé. « Nous souhaitons établir un prix unique sur notre bassin.Ce qui implique une comparaison entre les prix pratiqués actuellement… Et cela créé forcément quelques tensions ». Suite à une rencontre qui s'est déroulée il y a trois semaines, un prix moyen annuel de 301 euros a été décidé, avec une flexibilité de -6 euros.Soit un prix moyen de 295 euros.La profession s'est également entendue sur la nécessité d'établir une grille de saisonnalité, avec une variation entre prix été et prix hiver.Une grille qui devrait être établie d'ici la fin de l'année, et qui entrera en vigueur l'année prochaine. « On ne peut pas se permettre d'avoir des prix trop en décalage avec le marché, et qui sont entièrement lissés sur une année entière » justifie Christophe Limoges.

Améliorer la qualité

Dans un bassin laitier où les produits de grande consommation représentent 50 % de la production totale de lait, Christophe Limoges estime que c'est sur ce segment qu'il faut aller « chercher de la valeur ajoutée.Si nous faisons monter les prix de ces produits, cela entraînera forcément le reste du marché ».Et le responsable syndical de redire la nécessité de faire pression sur la grande distribution.

Du côté des producteurs, Christophe Limoges déplore que le Poitou-Charentes « soit avant dernier en termes de qualité de son lait.Il est impératif que la profession comprenne que la qualité est primordiale.Quand une entreprise vient dans une exploitation, ce qu'elle regarde en premier, c'est la quantité de cellules ». Pour faire progresser cette qualité, une augmentation des points de pénalité pourrait être mise en place, et les contrôles des services vétérinaires et de la répression des fraudes devraient être intensifiés.Des vérifications destinées à enrayer l'utilisation de filtres à cellules. « Quand on augmente sa qualité, on a moins de frais de vétérinaire, moins de mammites, et on s'y retrouve dans son prix de vente ! ».
Concernant le côté quantitatif, et dans l'optique de la suppression des quotas en 2015, le bassin Charentes Poitou (Poitou-Charentes, Vendée et Haute-Vienne) bénéficie cette année d'une augmentation de ses volumes.Entre 45 et 46 millions de litres de lait pourront être produits en 2011. « 100 000 litres seront alloués aux 51 jeunes agriculteurs nouvellement installés qui en ont fait la demande, et les 40 millions de litres de lait restant seront distribués aux 1 850 producteurs qui en ont fait la demande et qui étaient éligibles ».
Des évolutions qui vont se coupler, dans les mois qui viennent, avec celles liées à la fusion entre le GLAC et Eurial. Une perspective qui réjouit la plupart des producteurs, mais qui laisse pourtant des inquiétudes, notamment en termes d'organisation pratique.

Source Vienne Rurale

Publié par Elisabeth Hersand

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