Lait : Ras le tank !

Rédaction Vendée agricole

Dans la campagne la colère enfle. Lassés de la langue de bois de leur laiterie, les producteurs de lait passent à l’action. Reportage à Aizenay, où ils ont tagué le camion citerne de l’Ucal.

« La proposition de l’Ucal de passer le prix du lait à 285 €/1000 litres est une provocation que nous ne laisserons pas passer.» En lançant cette proposition dans la campagne, la laiterie de Belleville a allumé le feu dont les braises couvent depuis janvier. Ce mercredi matin, ils sont une douzaine  de producteurs rassemblés  dans le bureau d’un gaec à  Aizenay autour de Cédric Grelier, jeune agriculteur co-responsable du groupe lait des Jeunes Agriculteurs. Il a suffi d’un SMS envoyé la veille aux agriculteurs du syndicat local d’exploitants d’Aizenay pour que mercredi matin après leur traite, ces producteurs de lait réunissent un  comité d’accueil du laitier.

Dans leur main des bombes pour taguer le camion du laitier. En attendant son arrivée, les langues se délient. Le prix du lait est au centre de leurs échanges tout comme la récente annonce de la fermeture de la laiterie de Mareuil. «On en a marre des discours de nos laiteries. Elles nous disent qu’elles ne peuvent pas augmenter le prix du lait tant que les GMS n’accepteront pas d’augmenter leur prix.  De leur côté,  la grande distribution vient d’annoncer qu’elle serait prête à intégrer une augmentation de 3 à 6 centimes. Nos laiteries nous mènent donc en bateau » peste un des producteurs. 

Quant à l’annonce  de la  baisse du prix du lait en avril, le moins qu’on puisse dire, c’est que les éleveurs ne veulent pas en entendre parler. «Les marchés sont bons et nous producteurs, on n’en voit pas la couleur ! Il y a de la demande, la laiterie de Belleville a acheté du lait à Terra Lacta car elle en manquait » s’insurge un collègue.  Sur le même ton, une agricultrice explique qu’Ucal a enregistré une baisse de sa collecte de 10 % en 2012. «Cherchez l’erreur » peste-t-elle.  Et de lancer un cri d’alarme. «Le tourteau de soja est arrivé à des sommets avec son 475 €/tonne, nos trésoreries ne vont pas tenir et des éleveurs autour de nous parlent d’arrêter. »

Une demi –heure après ces échanges, le camion de la laiterie arrive. Les éleveurs vont à sa rencontre pour avertir le chauffeur qu’ils vont taguer la citerne. En quelques minutes, ils ont vite fait d’inscrire au fluo leur slogan : A quand un prix rémunérateur…  un lait à 340 €… plus bas, tu meurs… . L’action s’est passée dans le calme. «On ne veut pas de casse ou de débordements, mais nous allons continuer à nous mobiliser tant que les laiteries resteront sourdes à nos demandes » explique Cédric Grelier. «On attend ce qui va ressortir avec les rencontres en GMS  et si aucune proposition ne ressort, on ressortira. Et plus nombreux. »

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