Lait, viande bovine : L'urgence de trouver de nouveaux équilibres

Si le secteur des fruits et légumes a occupé le devant de la scène cet été, rien n'est réglé sur le dossier laitier, sans compter les difficultés des éleveurs de bovins viande.

Ni les professionnels, ni les politiques, ni les agriculteurs eux-mêmes ne vont chômer dans les jours qui viennent : cette rentrée 2009 va être celle d'échéances majeures pour des domaines importants de l'agriculture française. Le prix du lait, du porc, les marchés des fruits et légumes et de l'élevage bovin : autant de dossiers qui vont motiver des actions syndicales, des rencontres européennes, des tables rondes et réunions de concertations françaises. Premier dossier : celui du prix du lait. Tandis que l'accord interprofessionnel continue de s'appliquer avec difficulté, les avocats d'une grève des livraisons de lait ont annoncé que celle-ci aurait lieu autour du 7 septembre. La raison : il s'agit de la date de réunion d'un Conseil des ministres de l'agriculture, en partie consacré à la discussion sur les mesures préconisées par la Commission pour réguler le marché laitier.

Grève ou pragmatisme ?

Préparée depuis de nombreuses semaines, cette action syndicale fera ou non la preuve de son efficacité. Parmi les syndicats agricoles reconnus, seule la Coordination rurale l'appuie franchement, la FNSEA la condamnant tout aussi franchement et la Confédération paysanne se limitant à soutenir ses adhérents qui seraient tentés. Un autre événement pourrait venir changer l'équation sur le prix laitier : la solution retenue pour l'avenir d'Entremont, qui fait l'objet de négociations pour une reprise partielle ou totale avec les groupes Lactalis ou Sodiaal. Très impliqué sur le dossier d'Entremont, ce ténor français du lait qui refuse de payer le prix décidé par l'interprofession (Cniel), le ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire s'était engagé à ce qu'une solution de reprise soit trouvée pour fin août.

L'élevage allaitant encore moins bien lôti

Un tel événement avant le 7 septembre, avec un engagement à revenir à un prix plus élevé pour les producteurs, constituerait une victoire pour la FNSEA, le ministre, et tous ceux qui prônent une action syndicale se voulant plus pragmatique plutôt que la grève du lait jugée par eux sans lendemain. En tout état de cause, le salon Space de Rennes, du 15 au 18 septembre, au coeur d'une zone d'élevage laitier, se tiendra alors que le dossier sera certainement loin d'être clos.
Sur le front de l'élevage allaitant, la situation n'est guère plus florissante : moins 29 % de baisse du revenu en 2007, moins 22 % en 2008, un revenu qui ne représente que 51 % du revenu moyen agricole, selon la Commission des comptes de l'Agriculture, les éleveurs de bovins ne voient pas la sortie de crise s'annoncer. Et ce, d'autant plus que la conjoncture est loin d'être au beau fixe. Selon les catégories, les prix s'affichent en baisse entre - 3 et - 11 % par rapport à la même période de l'an dernier. Sans parler des effets de la fièvre catarrhale ovine (FCO) sur la perte de fertilité des vaches. “Nous avons 250 000 veaux en moins. À
1 000 e/tête, cela fait un manque à gagner de 250 millions d'euros” déplore Pierre Chevalier, président de la FNB. Au directeur de cabinet de Bruno Le Maire, Pascal Viné, et au responsable de l'agriculture au cabinet de Nicolas Sarkozy, Christophe Malvezin, qui l'ont reçu le 26 août, Pierre Chevalier, a plaidé pour la mise en paiement dans les meilleurs délais des aides ou du solde des aides annoncées en 2008. La FNB évalue à 20 à 30 millions d'euros les arriérés dus aux éleveurs au titre des différents plans de soutien au titre de l'accompagnement de la FCO.

 

L'écueil du monopole

Le président a également insisté sur le report en fin de tableau d'amortissement de toutes les annuités, ainsi que l'exonération de la taxe sur le foncier non bâti. Quant au versement anticipé de la prime à la vache allaitante, déjà annoncé pour le 16 octobre, la FNB souhaiterait que son taux soit porté à 80 % au lieu des 70 % promis. Surtout, la fédération déplore la situation quasi monopolistique dans laquelle se trouve désormais la filière bovine depuis la prise de contrôle de Socopa par Bigard. L'entreprise, qui contrôle désormais plus de 50 % de l'abattage français, “peut fixer le prix pour l'ensemble du territoire” au travers de ses différentes filiales, s'insurge Pierre Chevalier. Sans parler des pressions que Bigard exercerait sur la pesée, le classement, le marquage et la présentation des carcasses à l'abattoir. La transparence et la loyauté des transactions commerciales ne peuvent relever des interprofessions, au risque de “les faire exploser”, estime le président de la FNB. Et d'en appeler aux pouvoirs publics pour remettre un peu d'ordre dans la filière. Notamment dans le cadre de la prochaine loi de modernisation agricole.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source union du Cantal

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