Le cheval de trait investit les villes

Raphaël Lecocq

Pierre Pasdermadjian, président de France Trait, l’union des associations des 9 races françaises

L’Institut français du cheval et de l’équitation a recensé 63 collectivités ayant recours au cheval de trait en agglomération. Le potentiel est estimé à 1000, ce qui représenterait un effectif de 2000 chevaux.

Le cheval de trait dans les villes ne relève ni de l’anecdote, ni du marketing écologique. C’est ce que souligne l’Institut français du cheval et de l’équitation, qui vient d’effectuer la première enquête du genre. Fin 2011, 63 collectivités faisaient travailler régulièrement un effectif global de 200 chevaux, principalement affectés à la collecte des ordures ménagères mais aussi à l’entretien des espaces verts et au transport de personnes. A moyen et long terme, 1000 collectivités seraient susceptibles de valoriser ce moyen de traction écologique et silencieux et qui, auprès des habitants concernés, produit un effet incitatif sur le tri sélectif. L’Institut estime que les villes de 3000 et 50 000 habitants sont les plus à-même de valoriser le cheval territorial, ainsi dénommé. 

« Le développement du cheval territorial est une aubaine pour la filière des chevaux de trait, dont l’économie demeure fragile, souligne Pierre Pasdermadjian, président de France Trait, l’union des associations des 9 races françaises. On dénombre environ 9000 éleveurs de chevaux de trait en France et 9 races en présence, dont certaines menacées de diversité génétique en raison des faibles effectifs, telles que le Boulonnais, le Poitevin, le Comtois ou encore l’Auxois ». En 2011, plus de 11 000 naissances ont été enregistrées. 85 % des poulains sont exportés, principalement en Italie et à destination de la filière viande. Les 15 % restant sont valorisés en France et en traction animale, dans les secteurs agricole, forestier et urbain. L’adaptation des chevaux à l’univers urbain réclame un travail spécifique de la part des éleveurs.

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