Le contrôle machine à traire : une assurance qualité

Patricia Olivieri

Mal réglée ou mal entretenue, l'installation de traite peut altérer la qualité du lait et du fromage.

“La machine à traire est le seul élément à être en contact deux fois par jour avec la vache” : une évidence rappelée par Thierry Laveissière, technicien Chambre d'agriculture, pour illustrer toute l'importance d'un matériel en parfait état de fonctionnement et donc soumis à un entretien régulier. Ainsi, un vide trop important peut rapidement altérer le trayon des laitières, mais la qualité du lait peut aussi se dégrader du fait d'un mauvais débit de la pompe à vide, de fuites, d'un problème de réglage des pulsations (à l'origine d'une variabilité inter-postes de la traite), d'un mauvais réglage des déposes automatiques (causant une surtraite), d'un encrassement des canalisations... avec au final des incidences sur les critères sanitaires de la production (cellules, germes) et un risque de lypolyse lié au barratage du lait.

Impact sur la qualité du lait et du fromage

Et les conséquences économiques pour l'éleveur ne sont pas neutres, tout comme l'impact sur les qualités fromageables de ce lait. Un argument qui a poussé la filière AOP cantal à rendre obligatoire, de par son décret, le contrôle annuel du fonctionnement de l'installation de traite des producteurs identifiés par une entreprise agréée. Cette prestation est assurée par le service traite de l'EDE (Chambre d'agriculture) et par les concessionnaires agréés. “Nous l'a proposons soit dans le cadre de l'abonnement Contrôle machine à traire, soit pour les gens qui sont en contrat cellules. Sachant qu'elle est aussi imposée à la fin des travaux pour le déblocage des subventions en cas d'investissement et qu'elle est peut être réalisée à la demande”, expose Thierry Laveissière, qui a vu ces demandes monter en puissance depuis la mise en place en février 2010 des contrôles auprès des producteurs engagés dans la démarche AOP cantal. Si le contrôle machine à traire révèle des anomalies, le technicien identifie les réparations à effectuer sur la feuille de contrôle remise au producteur. “On peut régler certains éléments, mais nous n'effectuons pas les opérations de réparation”, précise le technicien. Le producteur engagé dans l'AOP cantal est lui tenu de procéder aux actions correctives préconisées. Lors du contrôle réalisé en interne par le Cif ou en externe par Aucert, la feuille de contrôle et les factures afférentes aux éventuelles réparations programmées seront vérifiées. “En sortant du médecin, on n'est pas guéri si on ne se rend pas à la pharmacie”, image le contrôleur laitier, qui juge le rythme annuel de contrôle pertinent. Céline Gutierrez, du Cif, précise pour sa part que les producteurs disposant de deux machines de traite (extérieure et intérieure) doivent faire procéder au contrôle des deux.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source L'Union du Cantal

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