Le débat de Terre d'Infos : « On n'est plus paysan de père en fils »

Clarisse Brillouet, étudiante à AgroParisTech

Le débat de Terre d'Infos : « On n'est plus paysan de père en fils »

L'impératif alimentaire implique une continuité de la production dans le temps. Mais pour un jeune agriculteur, s'installer est parfois une étape difficile.

En 2011, les candidats à l'installation étaient environ  10.000, pour  5.000 exploitations à reprendre, soit deux fois plus, révèle Stéphane Honorat, viticulteur et membre du syndicat Jeunes Agriculteurs.  Parallèlement, le nombre d'exploitations a diminué de 25% en dix ans, de même que diminue le nombre d'exploitants, indique François Purseigle, sociologue et professeur à l'ENSAT.

Il existe toutefois des exploitations prêtes à accueillir des jeunes mais ceux-ci sont parfois effrayés par la taille des exploitations qui a tendance à grandir et les écarts avec la génération précédente se sont creusés remarque Jo Giroud, agriculteur et président de la chambre d'agriculture du Rhône.

Des profils qui ont évolué 

Jo Giroud ajoute : « on n'est plus paysan de père en fils ». Car 25% d'entre eux ne sont pas issus du monde agricole, précise François Purseigle.

40% de ceux qui s'installent ont un bac ou bac+2, ce qui signifie que dorénavant on choisit ce métier et on choisit la formation qui y correspond. Stéphane Honorat ajoute que c'est un métier de passion, le choix d'un cadre de vie et une volonté d'être acteur d'un territoire. « Produire quelque chose que l'on transmet au consommateur », présenter le fruit d'un travail est, selon lui, très valorisant.

L'installation a ses facteurs  limitants

Le foncier est l'un des freins majeurs à l'installation des jeunes agriculteurs. De plus, sur le million d'hectares libéré chaque année, seule une fraction va à l'installation.

Alors qu'avant on reprenait systématiquement l'exploitation des parents, il faut maintenant s'installer en prenant en considération la multiplicité des acteurs qui font la filière, fait remarquer Jean-Louis Roveyaz, administrateur du Crédit Agricole.

Des structures d'aide

Chaque Chambre d'agriculture est dotée d'un point info installation dédié aux jeunes agriculteurs, signale Jo Giroud. Il existe également un répertoire départ exploitation dans tous les départements. De même la Dotation Jeunes Agriculteurs (DJA) est une aide financière non négligeable. Car 10 ans après une DJA, 90% des agriculteurs le sont encore, preuve de la viabilité de l'activité.

Ces structures permettent aux jeunes agriculteurs de bénéficier d'une aide personnalisée à leur installation, car chaque cas est à traiter individuellement. Il faut étudier avec attention le projet d'installation, le plan de financement, puis le prix de l'exploitation, en comptant que l'agriculteur a souvent pour objectif d'atteindre 1,5 fois le SMIC au bout de 3 ans.

L'installation est liée à la persistance de la disponibilité du foncier et à la viabilité économique, mais il y a de l'avenir. Bérénice , 21 ans et éleveuse de Bazadaises, a des projets de diversification et bien d'autres « qui murissent tous les jours ».

 

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