"Le Débat" : Quelle communication pour le monde agricole ?

Clarisse Brillouet, étudiante à AgroParisTech

"Le Débat" : Quelle communication pour le monde agricole ?

Les français dans leur ensemble apprécient le secteur agricole mais le connaissent mal. De quels moyens disposent ce secteur pour informer et parer les préjugés ?

Un secteur trop peu médiatisé

 

Les événements du monde agricole sont aujourd'hui très peu relayés par les médias. Du moins quand ils le sont, c'est souvent pour mettre en exergue des mouvements de protestation, regrette Xavier Beulin, président de la FNSEA. Il faudrait selon lui une communication davantage positive, comme l'emploi, ou les initiatives environnementales. Car bien que les agriculteurs eux-même aient une bonne image auprès du grand public, ce dernier est beaucoup plus critique quant aux pratiques agricoles. Les seuls documentaires ou flash télévisuels que les gens entrevoient ne permettent pas une vision apaisée ni une bonne compréhension des enjeux qui s'avèrent complexes, déplore François Lucas, vice-président de la coordination rurale.

 « Il y a une perte culturelle de ce qu'est l'agriculture, de ce que sont les agriculteurs », constate Guy Vasseur, président des Chambres d'Agriculture. Il fut un temps pas si lointain où tous les Français avaient un lien fort avec le monde agricole, soit parce qu'ils en faisaient eux-même partie, soit qu'ils y avaient de la famille proche. La déconnexion est aujourd'hui on ne peut plus évidente.

 

Pour que les messages passent...

 … il faut d'abord réunir le secteur agricole en une seule et même voix. Comme le fait remarquer Xavier Beulin, les gens ont tendance à opposer les genres. On distingue les éleveurs des céréaliers, le bio du non bio... Autant de distinctions qui freinent l'unification des agriculteurs sous un même drapeau, éparpillant ainsi la force de parole.

 Il y a pourtant un fort potentiel de réceptivité du public. Florence Gramond, de l'institut de sondage BVA, note que vétérinaire est le métier le plus rêvé par les enfants de 8 à 14 ans, et le métier d'agriculteur arrive juste derrière celui de pompier. De plus, les circuits de proximité se multiplient et créent du lien avec des gens de plus en plus demandeurs. Parce que « c'est ça l'objectif de la communication, c'est de casser les murs », clame Guy Vasseur.

Certaines actions sont déjà lancées. Jean-Michel Schaeffer, président des Jeunes Agriculteurs, donne l'exemple de blogs, sites internet, calendriers ou encore bandes-dessinées ayant pour thème l'agriculture actuelle, qui sont promus auprès du grand public. François Lucas, soumet également l'idée de diffuser des séries TV autour du monde agricole. « Avec les moyens dont on dispose, on devrait faire beaucoup mieux et plus vite », relève-t-il. Il faut jouer sur les différents axes de communication.

Tous s'accordent à dire que tous les éléments existent. Reste à les mettre en musique et à rallier les leaders d'opinion qui relayent et participent à construire l'actualité.

 

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