Le gouvernement annonce 24 mesures

UAR (L'Union Agricole et Rurale) 15 .

 Le gouvernement annonce 24 mesures

Réagissant à la détresse des éleveurs qui manifestent depuis plusieurs semaines, le chef de l’État a décidé de mettre en œuvre un plan d’urgence.

Les 24 mesures présentées mercredi par Manuel Valls et Stéphane le Foll ambitionnent de faire remonter les prix, d’alléger les charges, ou encore de développer la contractualisation et l’exportation. La FNSEA les juge de son côté insuffisantes pour donner de véritables perspectives à l’agriculture française. Pour l’élevage, “force du pays, mais aussi son identité, ses racines”, selon les mots du Premier ministre qui ne s’est pas montré avare de louanges vis-à-vis du secteur agricole en présentant le plan d’urgence le 22 juillet, “le gouvernement s’est tout particulièrement mobilisé”. Si Manuel Valls dit avoir pris acte depuis plusieurs mois des difficultés traversées par les productions animales, les manifestations et blocages effectués ces derniers jours par les éleveurs sur le terrain ont accéléré la réflexion au sommet de l’État.

Avec une grande solennité et un renfort de sept ministres au cœur de l’Élysée, le gouvernement a présenté un plan d’urgence pour venir en aide aux éleveurs en crise et manifestant dans l’Ouest mais aussi dans tout l’Hexagone depuis.

Des mesures d’urgence

Suite au conseil des ministres, 24 mesures ont ainsi été présentées par le chef du gouvernement et son ministre de l’Agriculture “pour sortir d’une crise qui court depuis trop longtemps, quelle que soit la majorité au pouvoir”, n’a pas manqué de souligner Manuel Valls. Pour répondre aux revendications de la profession, la première partie du plan s’attèle aux mesures d’urgence, avec une première action sur le redressement des cours et des prix, en particulier pour faire respecter les engagements pris lors des table-ronde avec les filières bovine et porcine. Des dispositions sont prises également pour restructurer les dettes (bancaires, mais aussi les dettes auprès des fournisseurs, notamment d’alimentation animale). Par ailleurs, 50 millions d’euros sont dédiés aux allègements de charges, contre 8 M€ initialement prévus lors de la mise en place des cellules de crises départementales en février, et 50 M€ sont débloqués pour les exonérations de la Taxe sur le foncier non bâti (TFNB). Des reports sont en outre possibles pour les cotisations MSA (200 M€), pour l’impôt sur le revenu et l’impôt sur les sociétés (150 M€), et un remboursement anticipé de TVA sera effectué pour un montant de 150 €. Des mesures qui seront effectives dès le 31 juillet (date pour les retours terrain des cellules d’urgence départementales), et jusqu’à la fin de l’année, a précisé le ministre.

Mesures structurelles

Pour consolider le secteur à plus long terme, le plan prévoit de faciliter les investissements en matière de compétitivité et de durabilité, grâce à la mobilisation du Programme des investissements d’avenir et de BPI France, avec un dispositif de prêts garantis pouvant s’élever à 500 M€. La contractualisation, levier cité à plusieurs reprises par la profession, “fera l’objet d’une rencontre spécifique avec le ministre de l’Économie”, a précisé le ministre de l’Agriculture. L’exportation est également l’une des pistes de travail de l’État qui débloque un soutien de 10 M€ pour les actions de promotion. Certains marchés extérieurs sont plus particulièrement ciblés, a indiqué le Premier ministre qui a cité la Grèce, la Turquie, le Liban et le Vietnam. La plate-forme Viande France Export en cours de mise en place regroupera les 13 opérateurs français en une seule société, ce qui facilitera la réponse aux appels d’offre. Pour favoriser les achats de viande française, le logo Viande de France, utilisé à 50 % pour le moment, sera davantage valorisé auprès du consommateur, et davantage contrôlé par la DGCCRF. Un effort est aussi engagé sur la restauration collective et hors foyer : l’État donnera l’exemple en révisant ses approvisionnements en matière de viande d’origine française, et incitera les collectivités locales à en faire de même. Enfin, des mesures sont instaurées pour diversifier les revenus des éleveurs via la tran-sition énergétique : exonérations de fiscalité locale pour les installations de méthanisation agricole, adaptation des tarifs d’achat de l’électricité produite par ces installations, soutien au développement du photovoltaïque dans les élevages, baisse du coût d’accès au réseau des bâtiments isolés. En Allemagne, ces activités peuvent constituer jusqu’à 30 à 40 % du revenu des éleveurs.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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