Le Gouvernement attendu au tournant

Actuagri et LAA

Manuel Valls, Premier Ministre « Il n’y a pas de pays sans paysans et les agriculteurs sont les meilleurs écologistes de France.»
Manuel Valls, Premier Ministre « Il n’y a pas de pays sans paysans et les agriculteurs sont les meilleurs écologistes de France.»

Le congrès de la FNSEA s’est ouvert le 24 mars à Saint Étienne par un huis clos plus long qu’à l’accoutumée, traduisant la nécessité d’échanger sur les sujets difficiles qui n’ont pas manqué l’année passée. Sans forcément apporter toutes les réponses, la venue du Premier ministre le 26 mars marque en tout cas la volonté du Gouvernement de prendre l’agriculture en considération.

Ouvert l’après-midi du 24 mars à Saint-Étienne, le congrès de la FNSEA a commencé par un huis clos prévu jusqu’au lendemain midi, soit une demi-journée de plus que les années précédentes. Temps fort du réseau FNSEA, cette séance, qui permet de faire le point sur les travaux de l’année et l’actualité syndicale avec les régions, traduit par sa durée, les nombreuses préoccupations des agriculteurs dans une conjoncture peu favorable. La situation est en effet difficile dans la majorité des productions, en particulier pour les filières porc et fruits et légumes, et aggravée par l’embargo décrété par la Russie. Mais les revendications restent également très vives sur les dossiers en cours : mise en œuvre de la PAC, dont certains arbitrages sont encore flous ou peu satisfaisants pour la FNSEA (MAEC, ICHN, transferts de DPB…), guerre des prix avec la grande distribution, absence de réponse quant au compte pénibilité appliqué à l’agriculture, autant de sujets qui nécessitent de partager les difficultés et les ambitions au sein d’une vision commune. Une réflexion sur les missions du syndicalisme était d’ailleurs à l’ordre du jour. Dans cet « état d’esprit studieux », selon Christiane Lambert, première vice-présidente de la FNSEA, le témoignage du président de la FDSEA du Tarn sur la mobilisation des agriculteurs de Sivens pour la défense de leur territoire a été très applaudi.

Clôture par Manuel Valls

Remontés contre le ministre de l’Agriculture sur un certain nombre de points, en particulier les décisions dans la mise en application de la PAC, les congressistes se sont montrés plus à l’écoute du Premier ministre Manuel Valls lors de la clôture du congrès le 26 mars. Si cette intervention ne génère pas forcément l’enthousiasme ou le soutien appuyé des agriculteurs, cette venue, la première d’un Premier ministre de gauche au congrès de la FNSEA, est saluée comme une reconnaissance du secteur agricole dans sa contribution économique, sociale et environnementale, même si ce déplacement ministériel entre les deux tours des élections départementales n’est pas exempt de connotation politique. La plupart des agriculteurs souhaitent avant tout faire comprendre au Premier ministre qu’ils sont prêts à innover et entreprendre pour faire gagner la France - thème de la table-ronde du 26 mars - à condition qu’on ne leur mette pas trop de bâtons dans les roues. Le combat du syndicat pour « produire et manger français », mené depuis le 5 novembre, est rappelé d’ailleurs à intervalles réguliers sur les écrans du congrès, résumant les différentes revendications : simplification et clarification réglementaire, régulièrement citées, tout comme les sujets environnementaux qui ont fortement tendu les relations entre le monde agricole et la société. Après la polémique de Sivens, les agriculteurs attendent des Pouvoirs publics qu’ils fassent respecter les décisions prises à l’issue des processus de concertation, et trop souvent remises en cause.

Il a dit

Alain Bernier, président de la FNSEA 44 :

« Encore aujourd’hui, si vous tapez le mot « ragondins » sur Google, apparaissent alors les mots « Nantes » et « FNSEA ». J’aurais pensé trouver les mots nuisibles, lutte collective. Eh bien non. La faute à qui ? À une vingtaine d’agitateurs de réseaux sociaux.
• Tweeter, avec ses followers, c’est l’équivalent des discussions de caves. Chacun est au même niveau de discussions, assis sur son siège derrière son verre, ou plutôt son ordinateur ou son téléphone portable. Que vous soyez le porte-parole de 300 000 syndiqués ou un pauvre gars du 16e ne représentant que votre propre intérêt et que vos propres connaissances puisées dans votre lecture quotidienne de Libération, Télérama et Rue 89. Alors faut-il tweeter ? Oui sans doute. Mais restons au niveau des discussions de caves. Ne sur-réagissons pas à des messages sur tweeter. Ce serait donner du crédit à des gens qui n’en ont pas besoin. Comment voulez-vous faire comprendre nos messages et nos métiers en 140 signes ?
• De toute façon, les médias ne cherchent que le sensationnel. Les messages positifs, cela se paie : cela s’appelle de la pub. Les messages négatifs, c’est gratuit : cela s’appelle la presse généraliste et souvent la presse de fond de poubelle. Donc pour relayer les actions ou les préparer, deux vecteurs essentiels : la réunion cantonale et la presse agricole départementale.
Quant aux ragondins, ils ont pu visiter Nantes. Mais leurs followers ne sont plus là depuis longtemps pour leur indiquer le chemin : comme à chaque fois, le buzz n’a pas fait long feu ».

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