Le grand bain, à l’issue de la formation : les jeunes installés tirent le bilan

Renaud SAINT-ANDRÉ

Quelles que soient leurs expériences, les agriculteurs fraîchement installés ont échangé sur leurs parcours individuels, lors de la première journée Accueil de jeunes installés ruraux. 

Visite du Gaec de Jammes et d’une unité de méthanisation au menu de la première journée Ajir organisée par les JA du Cantal. 

Guillaume, Bérengère, Géraud, Benoît, Stéphane... Des jeunes entre 20 et 30 ans, parfois un peu plus, qui viennent de Lascelles, Vitrac, Parlan ou Montvert. Ils ont tous un point commun : ils se sont installés il y a un an ou deux. Mardi 12 février, ils ont partagé leurs expériences respectives, en participant à la première journée Ajir (Accueil des jeunes installés ruraux), organisée autour de Maurs par les Jeunes Agriculteurs du Cantal. Tour à tour, ils ont évoqué leurs parcours, leurs satisfactions ou leurs déceptions, et puisque presque tous sont en Gaec(1), les relations qu’ils entretiennent avec les autres membres.  “Pas facile d’intégrer une formation agricole, lorsque l’on a d’abord suivi une formation générale”, relève déjà Bérengère, qui a suivi son époux dans sa passion de l’élevage bovins viande. Elle qui, au CFPPA, a fait figure d’exception en n’étant pas fille d’agriculteurs, était plongée dans un univers où les autres stagiaires connaissaient déjà l’essentiel, partageant un vocable professionnel qu’elle ignorait encore... Il lui aura fallu davantage de travail pour se maintenir au niveau et s’intégrer au groupe.

Formation ? Un pot commun, pas toujours adapté

Et pour ceux qui ont déjà une expérience professionnelle par ailleurs, le cursus de conversion est trop long, estime Géraud, qui travaillait dans la vente avant de rejoindre le Gaec familial. Il considère aussi que, pour ceux qui connaissent bien le milieu agricole, l’apprentissage technique, déjà maîtrisé, se fait au détriment d’une approche économique et comptable qui mériterait d’être approfondie. Même s’ils regrettent que cela ne fasse pas partie du socle initial, Jérôme et Stéphane conseillent eux le module spécifiquement dédié au “coût de revient de production” qu’ils ont suivi. Et pour situer sa performance, il est important aussi de “voir ailleurs d’autres méthodes, de se confronter”, estime le groupe. Car une fois installé, comme l’admet Guillaume, on voit moins de monde...  La confrontation, elle est aussi souvent en interne, intergénérationnelle. Une majorité a intégré un Gaec “père-fils” au sein duquel le nouveau venu doit prendre ses marques. La filiation a du bon. Ainsi, lorsque l’on transmet à son propre fils, les investissements nécessaires sont réalisés. C’est plus rarement le cas lorsque le chef d’exploitation n’a pas de successeur connu.  Benoît Julhes, vice-président des Jeunes Agriculteurs et chargé d’animer la discussion, s’interroge cependant sur les relations qui existent au sein d’une structure familiale. Non, les jeunes installés ne sont pas confondus avec un salarié, mais sont en général bien associés aux prises de décision.  À ce bémol près : “Souvent, au motif que l’aîné fait tourner l’exploitation depuis plus de 40 ans, il faut au jeune davantage argumenter et justifier chacun de ses choix.” (1) Groupement agricole d’exploitation en commun.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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